Name: autour du monde
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Subject:

Amerique centrale

Date: Décembre du 1er au 15 , 2005

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Jeudi 1er décembre 2005

Nous nous réveillons à Palmar Norte, quelque part au bord de la Pan américaine, côté Costa Ricain, avec l'idée d'entrer au Panama dans la journée. Après une heure de trous et de nids de poules nous arrivons à la frontière un peu avant 11heures. Cette fois tout est clair, sans intermédiaire nous franchissons la frontière en une heure pour trouver un autoroute à deux fois deux voies du côté panaméen. La voie est libre, nous filons donc jusqu'à la ville de David (la seconde du pays) dans la région de Chiriqui pour nous réapprovisionner en propane (nous avons bu du café froid ce matin !) et en denrées essentielles, c'est à dire : couches, eau, pain, fromage. Le temps est à la rigueur car j'attaque ma réserve de cash (je ne peux pas rendre le risque de voir ma carte engloutie par un distributeur). Nous pique niquons près d'une cascade quelque kilomètres au nord de la ville. Nous avons en effet décidé de passer quelques jours au calme dans la région montagneuse de Boquete, réputée pour son climat plus clément, c'est à dire plus froid alors que nous dégoulinons dans la chaleur humide de ces villes tropicales.
Nous nous posons dans un petit hôtel de campagne un peu à l'écart du village dans lequels nous sommes autorisé à planter notre tente. Le paysage des caféiers et des volcans qui nous entoure est splendide. Les filles jouent avec les fleurs multicolores du jardin et Séraphin aide à planter les piquets de la tente. Comme à chaque fois que nous quittons les villes pour retrouver la simplicité de la nature, l'harmonie revient. Le soir, nous cuisinons un peu sur notre four et nous chantons assis sur nos sacs devant une table de fortune (en fait les planches de désensablage!). Séraphin danse et chante, nous sommes pauvres mais heureux, et nous nous couchons une fois encore sous les étoiles. J'espère ne jamais oublier ces instants de grâce pour lesquels il faut faire tant d'efforts.

Vendredi 2 décembre
Lever sous une fine pluie qui mouille et dèche instantanément. Les filles parcourent le jardins en récoltant des graines, des pistils et des feuilles avec lesquelles elle s'inventent des potions. Syméon et les deux grands travaillent sur leurs cours par correspondance. L'après midi nous nous rendons à Boquete. Petite place tranquille avec un toboggan, un minuscule marché. Les hommes viennent à cheval ou en 4x4. J'en profite pour appeller l'ambassade depuis une cabine publique pour demander des conseils pour le 4x4. On m'oriente vers les services économiques. En fait je ne pourrais trouver que peu voir quasi pas d'informations sur l'expedition d'un véhicule depuis le Panama. Il me faudra donc voir sur place. Je reste néanmoins en contact. Nous revenons par la route qui monte entre les plantations de café vers le volcanito. Le soir tombe et les ouvriers redescendent avec leur panier plastique sur l'épaule, le paysage se déroule sous nos yeux comme une succession de vert de plus en plus sombre, le tout perdu dans une brume qui semble plus appartenir à la terre qu'au ciel. Il bruine parfois, un arc en ciel fugace se dessinant sur l'horizon, puis le soleil déchire un pan de ciel bleu aussitôt reconquis par d'épais champignons blancs. Ici le ciel occupe les deux tiers du paysage et il semble parfois que nous flottons sur l'horizon, comme privés de gravité. Dans nos duvets, nous écoutons passer des ondées sur la toile de notre tente. Cette mélodie caressante se mêle au bruissement des feuilles de palmiers dans le souffle du vent. La clarté veloutée de la lune confère à la nuit tropicale une grande volupté.

Samedi 3 décembre
Laurence et moi nous sommes réveillés avant les enfants et avons pu enfin causer quinze minutes d'affilée sans être coupés. Il est clair qu'en approchant du Chili, notre voyage parvient à un tournant. L'attitude des deux grands nous a déçue car il ne font aucun effort pour aller vers les autres ou apprendre simplement l'Espagnol. Cela va devenir une priorité. Nous ne pouvons concevoir qu'il arrivent au Chili sans parler la langue de leur pays de naissance. Nous décidons que la priorité sera de les mettre "en immersion" dans la culture des pays que nous traverserons, la timidité de Gabriel et le caractère renfermé de Ferdinand ne doivent pas leur permetttre de "passer à côté" des merveilleuses rencontres rendues possible par un tel voyage. Faute de quoi, nous aurions "sacrifiée" une année scolaire pour rien. Il est en effet de plus en plus évident que le rythme du voyage ne permet pas de suivre correctement le cursus scolaire. Pour ces raisons nous envisageons sérieusement d'écourter la seconde partie de notre périple afin de pouvoir les remettre au travail en France fin janvier début février. IL est encore trop tôt pour décider mais l'option est prise... nous avons de toutes les façons déjà pris un mois de retard sur notre calendrier et je ne veux pas bâcler l'expérience de l'Amérique du Sud sous prétexte de tenir notre itinéraire initial. S 'il le faut, nous retournerons au Vietnam un peu plus tard. Reste que nous ne sommes pas encore arrivés au Chili, que nous sommes encore très loin du Cap Orna et encore beaucoup plus loin de notre petit village du Gard. L'aventure est donc loin dêtre totalement écrite...
Nous prenons la route pour Santiago (de Panama). Comme la route est excellente, nous poursuivons jusqu'à la côte et décidons de nous arrêter sur la plage de Santa Clara. Après avoir visité des cabanas (bien trop chères pour nous) nous nous installons au camping XSmemories que tiennent un ancien GI du Vietnam et sa femme. Coup de pot, ils disposent d' un dossier à jour sur les moyens de passer un véhicule à l'etranger depuis Panama en revanche la déception est grande quand notre hôtesse nous annonce que les délais sont de 20 à 30 jours !
Nous rencontrons un couple très sympa qui nous propose de profiter de l'acces de sa villa à la plage et c'est ainsi que je m tempe une nouvelle fois dans le Pacifique sur une plage digne des plus belles cartes postales, histoire de me remonter un peu le moral. Pour remonter celui des petits nous décidons de passer un DvD sous la tente : La légende d'Avallon

Dimanche 4 décembre
IL y a des perroquets impressionnants et des toucans ( c'est la première fois que nous voyons cet animal étrange dont le bec semble avoir été peint à la main) dans les volières du camping. Nous repartons vers la plage avec notre accès privé. La mer est chaude, nous jouons avec des vagues modestes qui ne permettent pas de faire du surf. Les filles sont ravies de pouvoir se baigner sans danger. Nous jouons au foot sur la plage. Symeon prend un mauvais coup et ne peut plus marcher. Nous le soignons à l'arnica (homeopathie) et avec la crème Rescue (fleurs de Bach) en priant le ciel pour qu'il n'y ait rien de cassé.
Nous rencontrons une française : Nathacha avec laquelle nous nous prenons instantanément d'amitié. Le soir nous profitons de la prise du camping pour passer la suite du DvD sur la légende d'Avallon. Un bon dimanche en famille s'il n'y avait l'inquiétude concertant le pied de Syméon.

Lundi 5 décembre
Je me rends avec Gabriel dans la ville voisine de Rio Hato, 8 kms, pour relever les mails au café internet (qui fait aussi coiffeur et laverie automatique). La situation est grave, mais pas catastrophique. Mes anges gardiens de GabriAndre, Catherine et Corinne à qui j'ai confiée la barre de l'entreprise en partant se dèmènent pour chercher des solutions pour me sortir de l'impasse financière vers laquelle je me dirige inéluctablement. Si le découvert est dépassé, il faut recouvrir toute la somme avant de pouvoir y recourir à nouveau. Or le premier apport a été sous estimé malgré mon indication et cela correspond à un coup d'épée dans l'eau. De plus la banque n'acepte pas e donner d'indications précises sur mon compte perso puisqu'aucune des deux ne possède de pouvoir.
Coté bateau ce n'est pas génial non plus, tout ce que j'ai lu me prouve que cela va être long et coûteux. J'envisage même de passer directement seul en Roll on and roll off jusqu'à Cathagène en Colombie et de rouler jusqu'en Equateur pour y retrouver la famille. Mais Laurence me rappelle que nous avons catégoriquement établie deux règles avant de partir. La première, de ne jamais se séparer, la seconde ; de ne pas traverser la Colombie. Il me faudra chercher dans une autre direction. Nathacha me conseille de me rendre directement au port de Panama à 120 kms. J'ai lu quelquepart qu'il y avait un bateau tous les jeudis pour l'Equateur. C'est donc dans l'urgence absolue que nous démontons tout ce qui est sur le toit pour le faire rentre dans le 4x4. Nous n'avons pas terminé à la nuit tombante et faisons donc sonner le réveil à l'aube

Mardi 6 décembre
Lever cinq heures avec le jour. Je titube de fatigue mais il faut terminer le chargement. Nous en finissons à huit heures et nous partons directement à Panama avec Ferdinand (la voiture ne contient plus que deux places assises à l'avant). La route est belle mais je fatigue au volant et dan un virage effectue un écart dangeureux. Heureusement je conduis maintenant le Land chargé ave un instinct rendu sur par les milliers de kilomètres parcouru et je parviens a revenir dans la trajectoire. Nous arrivons à Panama où nous franchissons pour la première fois le fameux Pont Les Américains qui enjambe à la fois la baie le port et l'entrée du canal, c'est un peu irréel. Nous tournons tout de suite à gauche ou j'entre au culot dans le terminal portuaire. D'officines en officines je parviens cher Maerks où un agnet sympathique me donne les coordonnées d'un transitaire qui pourra s'occuper du voyage. Mieux, il se rend dansla direction et me propose de leu suivre. Coup de chance, une demi heure après je suis devant Raoul Charette d' International Packers. dans un mauvais anglais nous convenons d'une démarche à suivre pour tenter de trouver un bateau rapidement. En revanche il est impossible de viser ce jeudi (il faut trois jours au moins pour tout régler). De plus le jeudi est férié. C'est la fête des mères ici et personne ne travaille. Nous nous donnons donc rendez vous vendredi matin afin de commencer les papier de douanes pour un bateau prévu le mercredi 15. D'ici là il me faut trouver un agent en douane pour lever l'embargo sur ma voiture. J'appelle l'ambassade qui ne peut que me confirmer qu'International Packers est une maison qui a pignon sur rue à Panama. Epuisé, je reprends donc la route de Santa Clara. Nous nous arrêtons dans un supermarché pour manger un sandwich et nous atteignons Santa Clara à la nuit tombante. Pendant ce temps Laurence a convenue avec Natacha que nous irions planter notre tente chez un des ses amis en plein milieu du village de pêcheurs. Nathacha a gâté les enfants en leur offrant qui un petit sapin de Noël, qui des petits anges, qui une serviette, qui un petit sac... pour les enfants c'est Noël avant l'heure. Je m'allonge et je m'endors.

Mercredi 7 décembre
Deuxième journée de valises et de sacs. En effet, en prévision de notre déménagement au village des pêcheurs, Laurence et moi réorganisons les sacs à dos que nous avions fait en grande hâte. Cela amuse beaucoup les enfants qui jouent à l'armée dans le jardin, chargé chacun de leur dac personnel. depuis le début du voyage nous n'avons jamais porté les sacs qui sont restés sur le toit de la voiture. Seuls deux sacs (appelés sacs étape) contenaient les tenues de rechanges nécessaires à tous. Cette fois nous savons qu'il va nous falloir abandonner la voiture et tout porter sur notre dos. Cela préfigure la seconde partie de notre voyage, après le renvoi du Land en Europe. Finalement, nous nous débrouillons assez bien et parvenons même a garder un réchaud et un peu de gamelles dans nos sept sacs à dos. En revanche, la valise contenant les documents utiles et l'ordinateur vient en plus. Par contre cette nouvelle organisation ne convient pas du tout au chargement de la voiture et c'est tassés comme des sardines que nous nous rendons en premier lieu à la cabane de Nathacha puis chez Moises le pêcheur. Moises es malade et devra s'absenter mais c'est Thomas, un de ses amis qui veillera sur nous. Il y a une douche dans le jardin et la maison de Moises n'est jamais fermée, nous pourrons dons utiliser ses "banios". Nous montons la tente sous l'oeil amusé de Thomas et de son fils Isaas, un peu plus jeune que Syméon. Nous traînons un peu autour de la table dehors avec Nathacha et Navidad sa belle soeur qui vont s'absenter pendant une semaine. Nous ne les reverrons sans doute pas avant longtemps ! Puis nous partageons des pâtes et des oeufs avant de nous coucher. Tout est si calme ici.
Mais Ferdinand nous réveille une demie heure après pour un mal de dent terrible. Inquiets par rapport aà une conséquence tardive de sa dent cassée à Sedona, nous lui donnons des cachets. Mais je découvre une carrie énorme sur une dent du fond. et je me souviens lui avoir déjà dit à Laredo, au Texas, de brosser attentivement cette carie chaque jour sous peine de gagner son billet retour pour la France en urgence. Bien évidemment, il ne l'a pas fait et je jure qu' à cette minute je l'aurais foutu avec mon pied au cul dans l'avion du retour si nous n'avions pas été si loin d'une ville.

Jeudi 8 décembre
Ma colère est passée. Mieux encore, nous avons pris conscience avec Laurence de la bêtise de cet âge adolescent et nous avons décidé de ne plus "couvrir" systématiquement les erreurs de nos deux aînés. Nous avons conscience de les avoir énormément protégés, en rapport surtout à la blessure affective qu'ils ont connu lors de leur abandon. Nous savons quà plusieurs reprises, nous avons assumés pour eux leurs actes manqués, refusant de les condamner dans une hérédité difficile. Sans doute en ont ils profité et l'an dernier au retour d'une semaine d'absence en janvier d'autres éducateurs nous ont renvoyé une image tres dure de cette famille que nous voyions comme idéale. Mieux encore nous comprenons qu'en leur donnant beaucoup, et beaucoup trop, nous perdions de notre disponibilité l'un à l'autre. Cinq mois passés en huis clos nous ont permis de grandir. Nous le savions car l'un des buts de ce voyage était de resserer les liens de la famille afin de laisser partir les grands en toute liberté... ce qui d'évidence serait beaucoup plus facile pour moi que pour Laurence. Peu à peu le cordon ombilical (qui dans ce cas précis avait du être fabriqué à postériori) se distend donc. L'amour des ces enfants devient plus libre, nous leur ouvrons la porte de la responsabilité. J'ai écris a la veille de notre départ : " Nous partons avec six enfants, j'espère revenir avec deux petits hommes et quatre enfants. C'est une vision idéale, certes mais chacun de ceux qui lisent ces lignes saveint combien nous tendons à réaliser nos idéaux !
Et puis il y a la mer, si calme la sous nos yeux. Quelques pélicans sont posés sur une barcasse de pêcheur ancrée à quelques mètre du rivage. Thomas me demande de hisser sur son dos l'enorme moteur qui repose sur une cale a ôté de notre tente. Il part pécher avec ses fils. Peu a peu la plage s'anime. C'est jour férié. Moise va rejoindre sa famille pour la fête, nous restons sur le rivage. Peu a peu Laurence et les enfant s'entremèlent avec la famille de Thomas qui vit à côté. On se fait goûter des plats, les petits jouent ensemble et s'apprivoisent. Il y a même des touristes américains qui prennent nos enfants pour les enfants des pécheurs et le photographient jouant au freesbee, c'est un comble ! Le soir les enfants partent poser les filets en mer avec Thomas; Puis la nuit tombe et ils jouent aux dominos, sport national ici, même pour les adultes avant de se coucher. Demain il faudra se lever tôt pour se rendre à Panama.

Vendredi 9 décembre
Lever à 5 heures trente. Cette fois je pars avec Gabriel et la voiture chargée. (Je ne sais pas ce que les douanes vont me demander). A l'entrée de Panama nous tombons dans un bouchon sur le pont Les Américains où nous perdons plus d'une heure. Heureusement, j'avais aussi prévu cela et nous arrivons pile à sept heures comme convenu au local d'International Packers. Raoul Charette arrive un peu plus tard , malheureusement l'agent en douanes qui s'apelle Roberto ne poura venir qu'à dix heures et demie. Nous commençons donc à attendre après avoir refait un check up complet des démarches à suivre. Vers onze heures nous nous rendons donc au service de la police judiciaire (PTJ) pour effectuer le contrôle préalable au l'autorisation de sortie du véhicule. La couleur est rapidement annoncée. Il n'y aura aucun chef aujourd'hui, donc pas de signature possible. Nous décidons de revenir quand même a 13h30 pour effectuer au moins le contrôle du numéro du moteur. Nous espérons ainsi couper la file du lundi matin... car il me faudra bien sur revenir lundi ! Gabriel et moi déjeunons sur le pouce dans une station service avant de revenir. Le contrôle du numéro du moteur est effectué en cinq minute l'après midi aprés plus d'une heure et demi d'attente inutile... (il n'y avait que quatre contrôles à faire dans l'après-midi). Mais après tout le chef n'était pas là, cela aurait pu être bien plus long encore. Nous rentrons donc à Santa Clara. La bétise absolue qui règne dans ces bureaux merdiques n 'augure rien de bon pour la suite. Seul le calme incroyable de Roberto m'a rassuré un peu. Je suis heureux de retrouver ma famille, très déçu par le maigre résultat de cette journée, même si nous avons pris le temps de trouver pour lundi un hôtel avec un garage couvert (et suffisamment haut) en centre ville avant de rentrer.

Samedi 10 décembre
Panique générale ce matin, nous ne retrouvons pas les négatifs des photos que Raphaël a changé de place avant de partir la première fois pour Panama. Avec tous nos déplacements et la fatigue aidant, nous craignons vraiment de les avoirs perdus.... avant de les retrouver bien à l'abri dans le sac d'Adélaïde. Raphaël avoue que pour lui les choses sont allées un peu trop vite ces derniers jours et que seuls les automatismes de prudence ont permi d'éviter des catastrophes. La journée reprend un cours normal et nous profitons a fond de la plage pour nous détendre un peu. L'après midi Laurence part avec d'autres femmes de pêcheurs et les enfants pour chercher des coquillages magnifiques le long de la berge. Je reste seul face à la mer pendant une courte éternité. Ce devrait être le lieu du mot plénitude. Pourtant je me rends compte que le paysage ne suffit pas à remplir mon coeur. Même si le voyage nous distrait constamment par toutes les actes nécessaires qui s'enchaînent et par delà même le sens donné par l'amour familial, chaque minute de silence volée me replace devant la nécessité d'une quête spirituelle par dessus toute cette aventure.

Dimanche 11 décembre
Nous savons qu'il nous faut partir aujourd'hui alors même que c'est l'anniversaire de Gabriel. Ce dernier fait d'ailleurs la tête parce qu'on ne lui a pas souhaité immédiat mentà son réveil. je me dis que nous avons élevé nos enfants comme des princes. Nous commençons à remballer quand les enfants des pêcheurs viennent nous annoncer qu'il feront une petite fête à 11 heures pour Gabriel. L'abuela a fait un gâteau et les plus jeunes sont partis à pied au village pour chercher un peu de limonade. A 11 heures, tout est dans la voiture et la fête peu commencer. Les liens qui se sont tissés en peu de temps sont sincères et pour la première fois nous envisageons la possibilité de revenir un jour sur nos pas. Nous partons, un grand silence s'établit dans la voiture. Mais les enfants savent très bien que les départs et les adieux font partie de notre voyage. Sur la route nous nous arrêtons au supermarché qui précède le pont Las Americas pour manger. Et nous entrons à Panama par une pluie battante. Un gigantesque porte container passe sous le pont; Dans quatre jour normalement notre voiture suivra le même chemin... nous l'espérons. Apres plusieurs visites dans d' autre hotels, nous atterrissons a l'Hotel Roma qui bien que cher présente le double avantage de posséder une piscine et surtout un garage fermé et couvert en prévision de nos chargements et déchargements possibles.

Lundi 12 décembre
Je suis au rendez vous à la douane a l'ouverture pour m'entendre dire que tout ce que nous avons fait vendredi est caduque. Bref nous révisons une nouvelle fois le numéro du moteur et du véhicule et attendons toute la journée qu'un chef veuille bien signer. Comme la douane (PTJ) se trouve dans un quartier mal fréquenté, Ferdinand est venu avec moi. Il va passer sa journée a attendre dans la voiture avec seulement une courte pause Coca Sandwich dans une station service pendant que le douane est fermée. Pendant ce temps Laurence s'occupe des petits. Piscine la matinée entre deux averses tropicales et dejeuner a deux heures dans un restaurant du quartier. L'apres-midi elle effectue quelques emplettes dans la rue commerçante voisine pour tromper le temps. Nous revenons ensemble vers 18 heures avec un changmentde plans, il semble en effet impossible d'envoyer les bagages dansle container en Equateur, ce qui supposerait de les envoyer dans un autre chargement, ce que Raphael a refusé. Finalement le même bateau poursuit sa route jusqu' au Pérou et il semble possible (mais sans doute difficile) de tenter un seul envoi.
Direction le Pérou donc.Nous partons manger dans une gargotte derrière l'hopital. Sur le mail nous apprenons qu'un ami nous a avancé 2500 Euros pour ramener notre compte dans le positif, mais je sais que cela ne suffira pas. Encore une fois je dors avec l'impression d'être pris au piège à Panama.

Mardi 13 décembre
Nous décidons de nous partager le travail. Laurence s'occupera de trouver des billets d' avion pendant que je repars, cette fois avec Gabriel à la douane des 7 heures. Il y a un gros pépin, le numéro du véhicule qui figure sur le document d'entree au Panama comporte un 5 de trop. C 'est bien évidemment une faute de frappe mais le fonctionnaire ne veut rien entendre. Il faut retourner au service central des douane pour faire corriger la saisie informatique du document d'entrée. Finalement, nous parviendrons apres plusieurs allers-retours a résoudre le problème, mais quel stress ! Nous rentrons vers 16 heures, je suis épuise nerveusement mais il nous faut encore complètement charger le véhicule pour le faire entrer dans le container demain matin. Je passe a la banque pour tirer les mille dollars en cash que me demande le transporteur pour enclencher le mécanisme et nous nous mettons au boulot. Il nous faudra deux heures pour démonter le matériel et tout installer a l'intérieur avec les deux garçons. Cette fois je n'en peut plus

Mercredi 14 décembre
Départ à 6h 30 pour charge le container chez International Packers. Ordre et contre-ordre, il nous faut tout débarquer pour refaire une liste numérotée avec des étiquettes pour la douanes. Aidés par les déménageurs de l'entreprise nous parvenons a étiqueter la totalité ou presque des paquets pour (re)faire une liste de cinquante colis et surtout à tout remettre à l'intérieur. Pendant que la douane inspecte le conteneur et que les déménageurs y chargent le Land, nouveau problème. Le comptable dit que le paiement par carte est refusé. je sais que ma carte perso est bloquée, mais je ne comprend pas pourquoi la carte de l'entreprise ne fonctionne pas : il manque 1900 dollars ! Briseida, qui s'occupe de men dossier et qui fut mon véritable ange gardien décide d'employer les grands moyens et me conseille d'appeler directement ma banque dans le Gard. Ce que nous faisons. Il est 17 heures en France, j'apprend que j'ai change de charge de compte, néanmoins la jeune femme qui est chargée de mon dossier me promet de rappeller... nous attendons une demi-heures, la douane ne veut plus attendre pour plomber le container, Briseida pousse en ma faveur et convainc le comptable que je ne suis pas un voleur et miracle le Crédit Agricole appelle. Le premier problème est une question de plafond a l'étranger sur la carte professionnelle que le CA va booster exceptionnellement. Mais le plus surprenant et qu'en expliquant la situation dans laquelle la famille se trouve : impossibilité de payer le billet d'avion sur la carte personnelle dont le découvert est toujours bloqué, l'agent me propose spontanément de prendre le risque de réouvrir le découvert sur la promesse de renflouer dans les deux jours. En fait cela fait longtemps qu'elle travaille a l'agence et même si je ne parviens pas a mettre un visage sur sa voix elle dit bien nous situer. Elle me dit faire le nécessaire dans la soirée sans garantie car il est 18 heures en France... en tout cas pour demain. Je lui passe directement le comptable qui accepte de fermer le container. Il est midi, Gabriel verse une larme quand les douanier mettent le plomb sur la boite !
Nous revenons expliquer tout cela aux autres autour de la piscine, (car les chambres ne sont pas faites) puis partons manger ensemble. A 15 heures nous rappelons l'agence de voyage pour les billets d' avion. Il n'y a rien pour huit personnes avant le 2 janvier, et rien avant quatre jours si nous voyageons en deux groupes... c'est dommage nous dit l'agent car je viens d'avoir un désistement tardif sur le vole de l'apres midi pour le Pérou ou il reste 7 places... C'est pour nous hurle Laurence dans le combiné. Nous devrions être a 17 heures a l' aéroport, il est 15h 30, il y a 40 minutes de route et il faut passer a l'agence à l'autre bout delà ville pour retirer les billets electroniques et payer.
Branle bas de combat, les enfants font leurs sacs en 15 minutes, nous réquisitionnons le chauffeur de l'hotel pour nous servir de taxi et nous filons a l'agence. Miracle la carte est acceptée, j'essuie une perle d'eau sur mon front, nous sommes dans les embouteillages et les minutes passent. Nous arrivons a 17h45 et l'enregistrement est bien avancée. Déconfiture, il n'y a plus que trois place de libres sur le vol, les autres devront partir demain. Laurence insiste, nos bagage sont mis en attente mais finalement un des responsable de la compagnie nous prend en pitié et libère des sièges en options (nous verrons plus tard les voyageurs furax désignés pour passer la nuit à l'hotel!). Reste le problème de la migration... qui se passe comme une lettre à la poste. Cette fois nous sommes dans l'avion qui décolle. Au revoir Panama, la voiture part demain en bateau... nous n'y croyons pas. Dansl'avion je partage avec une jeune femme qui revient de Cuba ou elle a fait soigner sa fille de problèmes psychomoteurs. Elle apprend que nous ne savons absolument rien du Pérou. Elle nous propose gentiment de nous mettre dans un taxi pour un hôtel sur dans le quartier où elle habite à la descente de l'aéroport nous acceptons avec joie ce petit coup de pouce.
A l'arrivée, nous récupérons nos bagages sans encombres (malgré la mise en stand by de la moitié d'entre eux) et nous passons la migration sans une question. Je n'en reviens pas, sans doute la période des fête est-elle propice au voyageurs ?. A la sortie notre amie de vol nous met dans un taxi qu'elle paye. Le chauffeur rigole beaucoup quand nous lui racontons notre aventure tassés a huit dans une opel break qui roule a tombeau ouvert dans les rues désertes de Lima. Nous nous écroulons dans deux chambres d'hôtel. Demain nous essayerons de nous rendre au foyer de Charité de Nana qui est a 40 kilomètres de la ville de Lima dans la montagne.

Jeudi 15 décembre
Nous décidons de ne pas appeler le foyer (comment expliquer notre situation au telephone? mais de nous y rendre directement avec deux taxi (de jour les taxis ne veulent plus nous charger a huit avec nos sept sacs à dos dans une seule voiture). Nous arrivons vers 11 heures au Foyer de Charité

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