Name: autour du monde
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Subject:

Chili Nord

Date: Janvier du 11 au 31 , 2006

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16/04/06 au 30/04/06 01/05/06 au 15/05/06 16/05/06 au 30/05/06 épilogue

Mercredi 11 janvier 2006
Lever 6 heures, direction la frontière... Laurence est toujours faible car elle ne mange pas beaucoup. Il fait très chaud. Séraphin grignote de plus en plus de choses diverses. Je pense que le lait maternel s'appauvrit un peu... il fait contre mauvaise fortune bon coeur. La frontière du Chili est en vue. Après avoir acheté 40 soles les carnets de passage a un douanier Péruvien débonnaire, nous nous présentons à l'immigration Chilienne. La file d'attente est longue et on nous prévient de suite qu'il nous faudra vider la voiture entièrement. Nous acquiessons et je commence à faire la queue. Il y a quatre formalités à remplir dans l'ordre pour le passage de la frontière avec un véhicule. Les étapes sont clairement expliquées et ne coûtent rien. Je me plie donc aux obligations administratives qui sont sommes toutes assez simples : immigration, déclaration du véhicule, et contrôle des titres de propriété... reste la douane pour les bagages. Je reviens vers le Land Rover prêt pour le grand déballage. Mais entretemps Laurence a raconté toute notre histoire aux fonctonnaires qui se grattent la tête pour savoir par où il vont commencer. Je leur montre qu'il y a des choses dans chaque recoin de la voiture en commencant par les cachettes les plus obscures et leur déclare aussitôt pouvoir leur montrer les photos de tous les objets. J'ajoute pouvoir leur décrire le contenu et leur ouvrir n'importe quelle malle au hasard. L'un des douaniers se prête au jeu et nous demande le contenu des caisses les plus visibles, j'avais prévu le coup, la glacière rouge est vide, les bidons également.... je m'empresse de leur montrer. Laurence qui avait "gardé une poire pour la soif" avoue alors avoir laissé des pommes pour le repas de midi dans la boîte a gants. Cela suffit pour les convaincre de notre bonne foi et nous "contraindre" à manger ou à abandonner les pommes. Les enfants engloutissent donc les fruits avec des airs de forçats et nous jetons les trognons dans un sac étanche prévu a cet effet. Visiblement le mélange de rigueur et de bohème a payé cette fois ci. Je ne suis pas sûr que cela marche à chaque fois. Une heure et demie plus tard nous roulons donc vers Arica un peu surpris de la rapidité de notre passage en douane. Nous décidons donc de chercher le guide touristique du Chili "Turistel", normalement vendu dans les stations service nationale de la marque "Copec". Mais visiblement peu de touristes arrivent au Chili par le Nord et nous ne trouvons pas de guide. Nous passons donc par le Syndicat d'initiative pour trouver l'adresse d'un camping. Il nous faut remonter un peu vers le nord et la frontière pour arriver dans le-dit camping. En fait les chiliens semblent peu avoir la culture du camping dans le nord du pays (les déserts) alors qu'elle existe dans le sud et dans la cordillère. Ils appellent camping des aires de repos de jour, souvent avec une piscine, des barbecues et une boutique. Il y des douches et des toilettes mais toute l'occupation se fait de jour. Devant la perspective de rester seul le premier soir dans ce nouveau pays, nous décidons de retourner en ville. A Arica, nous passons devant un drapeau franco-chilien : il s'agit de l'hôtel de Marie-Jeanne et David, propret, avec un garage, et en plein centre ville. Nous décidons de nous y arrêter par curiosité. David est un émigré politique qui a rencontré Marie-Jeanne en France. Ils sont revenus s'installer au Chili après plus de 20 ans. David est un pur, il parle aux enfants de sa lutte contre le régime et de ses tortures, il raconte comment, arrivé en France, il a couché sous les ponts, comment il a espéré pouvoir cirer les chaussures et travailler de ses mains avant d'être "payé pour ne rien faire", comme il le dit, comme "émigré politique". Il se scandalise sur les nombre d'émigrés Chiliens venus chercher le statut d'émigré politique alors qu'aucun parti ne les avait jamais recencé sur ses listes au Chili. En ce qui le concerne il n'a pas touché à sa pension et a preféré exercer le métier de cordonnier. J'aime la façon franche qu'il a de parler aux enfants. Il raconte comment il a grandi dans la rue ici au Chili, il décrit son enfance pauvre, et les espoirs du communisme. Je me dis que l'on ferait mieux de chercher des témoins de la petite histoire et de les faire parler dans les écoles... Je pense que Syméon, qui répète à chaque feux rouge, devant un clown, un cracheur de feu, ou un vendeur de fruits : "Tous les moyens sont bons pour gagner sa vie ici" a réellement intégré cette nécessité sans comprendre toutefois pourquoi les enfants y étaient soumis aussi... comme des veinards qui pourraient déjà gagner leur vie et leur indépendance à 10 ans ! Qu'un adulte lui décrive comment il a vécu cette pauvreté d'enfant lui fournit la clef manquante... c'est aussi cela l'école de la vie ! Aujourd'hui nombre de gens que nous connaissons en Europe n'ont jamais connu la faim, comment pourraient-ils en parler ?

Jeudi 12 janvier
Je me rends ce matin dans une compagnie d'assurance pour la voiture (mon contrat international se termine à midi) où un jeune homme m'accueille en francais. En fait il a passé 12 ans en France, son père étant émigrant politique et revenu au pays. C'est un pur hasard qui prouve au moins la réalité d'un retour au pays pour certains émigrés. Je lui confie que nous avions hésité il y a douze ans à nous installer ici. Il fait venir une de ses collègues, danoise qui a émigré au Chili pour suivre son mari. A deux, ils nous parlent de la communauté étrangère tout en considérant qu'il faut "de bonnes raisons" pour émigrer au Chili, le pays étant resté très administratif et très policé selon eux... quoiqu'on en dise. Je leur raconte comment les immigrés Chiliens en France m'avaient accusé de propagande à la sortie de mon guide sur le Chili (Le guide du Chili et de l'île de Pâques, 1988, La Manufacture/Vilo). Ce premier guide en Français sur ce pays que la diplomatie et l'opinion publique avait enterré avec la mort de Salvador Allende et l'arrivée au pouvoir de Augusto Pinochet, montrait en effet des photos de paysages urbain et agraires qui témoignaient autant d'un retour à la paix sociale qu'à la richesse d'un pays en plein essor. Il faut dire que j'avais sans doute pris au cours de ce voyage les photos les plus neutres de ma carrière de journaliste. Quand au commentaires, le critique du monde en dit a peu près à l'époque : " Enfin un guide écrit de la première a la dernière ligne comme un roman, un véritable récit de voyage". J'avais choisi cette option car il n'y avait eu en 1988 que 500 visas demandés pour le Chili à l'ambassade par des francais. Par la suite cette option a été rapidement supplantée par d'autre guides, qui sont parus dès 1989 dans des collections plus pratiques. "La Manufacture" m'avait imposée des encadrés très documentés sur des sujets diverses et variés. Quinze ans après, les encadrés, les cartes et les photos datent un peu mais le récit et les choix des itinéraires de découverte restent pertinents. Ce qui permet à l'éditeur, près de15 ans après, de continuer à vendre la première version sans en avoir changé une ligne (et d'ailleurs sans me verser aucun droits d'auteur), ce qui devient un peu ridicule.
Bref, la voiture est assuré pour 200 Dollars jusqu'au 12 mars en Responsabilité Civile pour le Chili, l'Argentine réclamant de toute les façons une police d'assurance nationale. Il est midi, nous enfilons nos maillots de bains, emportons le parasol et la planche de surf et partons pour la plage. Le soleil, le sable, la mer... une glace pour les enfants, une bière pour le père et du raisin pour la maman : une alchimie à toute épreuve contre le stress... Nous revenons rôtis mais heureux dans notre petit hôtel non sans avoir fait goûter aux enfants leur premier "Churrascos" (sorte de hamburgers) et "Completos" (sortes de hot-dog) chiliens qui avec les "Empanadas" (sorte de chaussons fourrés) sont à la base de la nourriture rapide chilienne.

Vendredi 13 janvier
Grosse étape aujourd'hui , nous envisageons d'atteindre Calama à six cents kilomètres. Autant de kilomètres de désert, autant de minutes pénibles avec des routes à en perdre l'horizon. Mais le plus drôle c'est qu'a trois cents kilomètres de là, en faisant le plein dans une station service paumée au milieu de nulle part, je parle avec un autre émigré... qui me déclare être le père de Jorge, l'assureur d'Arica... et qui, lui, connait David et Marie-Jeanne... le monde est petit, il nous semble parfois le trainer derrière notre 4x4. Nous arrivons enfin à Calama après un passage rapide devant la mine de Chuquicamata, la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert du monde (attention mes informations datent encore de 15 ans !). Calama est le type même de ville étape du désert. En plus les mineurs ont de l'argent et le soir la ville prend des allures de Las Végas. Au nombre de jolies filles descendues de Santiago dans notre hôtel pour le week-end, je pense pouvoir dire que les nuits de Calama doivent être "chaudes". Notre présence, à huit dans une chambre double est étrange et rafraîchissante.

Samedi 14 janvier
Nous filons vers l'oasis de San Pedro dans le sésert de l'Atacama, véritable objectif de notre détour vers l'Est. Nous trouvons tout de suite notre camping à l'extérieur de la ville dans l ancien oasis de "Pozo 3" renommé depuis. San Pedro a beaucoup changé et s'est beaucoup enrichi en 15 ans mais l'esprit est resté. L' oasis reste très isolé, mais il n'est plus en cul de sac car la frontière avec l'Argentine est aujourd'hui active. Nous installons notre camp de base à l'ombre des eucalyptus, il fait plus de 40 ° à l'ombre et nous partons nous tremper dans la source.
Puis a la tombée su soleil nous repartons vers "La vallée de Lune" nommée ainsi tant ce paysage dunaire ne ressemble plus à rien de terreste. Aujourd'hui, selon nos connaissances, il aurait plutôt fallu la nommer "Vallée de Mars" selon les enfants impressionnés par ces amas de rocs rouges au mileu du désert. En plus ce soir le ciel est noir retenant une colère de pluie pour d'autres altitudes, le soleil darde des rayons orangés sur des alignements d'orgues forgées par l'érosion et le vent pousse la dune comme s'il voulait la déplacer toute entière. Séraphin hurle, piqué par les grains de sable tourbillonnants... Dantesque !
Puis les élements se calment et nous revenons manger et dormir sous nos eucalyptus...

Dimanche 15 janvier
Aujourd'hui nous partons vers le salar d'Atacama et Toconao. Nous quittons le temps tôt pour éviter les grosses chaleurs. Nous arrivons sur un site désert et nous nous promenons entre les blocs de sel et les flamands roses. Le salar est moins blanc que celui que j'ai connu et photographié il y a 15 ans. Il parait qu'il a manqué un peu de pluie pour laver le sel. Sa surface me semble plus réduite et surtout marquée par les traces d'une exploitation intensive, ce que me confirmera un jeune francais venu passer deux mois entre l'Argentine et le Chili pour photographier le sel dont il est tombé amoureux. Les enfants semblent un peu déçus. Des flamands roses après tout il y en a à la maison et le salar du Pérou était plus distrayant sur son flanc de montagne. Je me rends compte que nous avons déjà recencés pas mal des paysages possibles de cette planète et que la suite du voyage va me demander un peu d'imagination pour éviter la routine de paysages "trop exceptionnels pour sembler vrais".

Lundi 16 janvier
C'est Michèle Bachelet qui a été élue présidente du Chili hier soir. L'événement est de taille : une femme prend donc la présidence de ce pays. Nous sommes encore une fois au coeur de l'actualité internationale. Avec les enfants, nous avions suivi les péripeties de l'entre deux tours, un peu à la TV chilienne (qui reste allumée en continu dans tous les restaurants), un peu à la radio, mais surtout dans la rue que les affiches et les slogans envahissaient complètement. Bleu sur fond blanc pour Pineira, rouge sur fond bland pour Bachelet, soit toutes les couleurs du drapeau chilien (les mêmes que ceux du drapeau français). On peut dire que la campagne des candidats ressemblait fort à une campagne présidentielle en France. Sur le fond, nous avons entendu s'exprimer plusieurs fois la crainte que Michèle Bachelet accéllère encore l'evolution rapide du Chili, et que la majorité de la population, et en particulier les femmes ne soient pas réellement préparé. Je ne cache pas que j'aie précisement choisi de passer ce dimanche soir d'élection dans une oasis un peu éloigné de tout appliquant le principe que "rien n'est moins sûr qu'un soir d'élection ou de finale de football dans une grande ville étrangère". Une fois encore j'ai fait passer la sécurité de ma famille avant les exigences de ma curiosité professionnelle. Chaque voyage possède sa propre couleur.
Aprés avoir recu cette information de nos voisins de tente, nous partons donc vers les geysers du Tatio à une centaine de kilomètres. J'ai allegé la voiture car il y a 15 ans j'avais déjà renoncé à cette visite devant le mauvais état de la piste. Seuls les véhicules locaux effectuent le parcours, très tot le matin pour profiter de la lumière et éviter la monotonie d'un aller-retour sous le soleil. De fait nous ne croiserons que mini-bus sur le retour et des carabiniers à moto près des geysers (la route se poursuit en effet ensuite vers la frontière argentine). Après deux heures et demie de piste et plusieurs passages délicats, nous arrivons aux geysers. La première impression est un peu décevante, quelques fumerolles éparpillées qui sont loin de pouvoir se mesurer à ce que nous avons vu à Yellowstone. Mais une fois descendus de voiture nous prenons conscience de la beauté des paysages environnants : le bleu intense du ciel, les neiges éternelles, les pentes jaunies de l'altiplano et la roche jouant sur une palette allant du rougie vif au gris foncé. Certes ce ne sont sans doute pas les plus beaux geysers du monde, mais ils sont décrits comme les plus hauts... et c'est vrai que le paysage se mérite. Le vent est froid et le temps ne tarde pas à se couvrir. Après avoir déjeuné a l'abri d'un peti muret, nous redescendons donc rapidement laissant derrière nous une pluie qui se transforme vite en neige et en grêle (ce qui explique aussi les horaires matinaux des circuits organisés). Heureusement le temps passé à observer la nature depuis six mois nous a appris à la deviner. Avec les enfants nous nous remémorons ce week-end de préparation passé dans les Pyrénnées où nous avions été contraints de monter la tente sous la neige à 2500 m d'altitude en plein mois de mai. Ici, nous flirtons avec les 5000 mètres... à mesure que nous redescendons nous retrouvons la chaleur et la monotonie du désert. Nous laissons derrière nous une dernière lagune peuplée de flamands roses et de lamas (ou peut être étaient-ce des vigognes ?). Nous sommes de retour à San Pedro en début d'après-midi. Pour nous reposer un peu des trépidations de la routenous décidons de visiter le musée, (La majeure partie de la piste est en "tôle ondulée" déformation bien connue provoquée par la vibration des amortisseurs, ce qui oblige à maintenir une certaine vitesse sous peine dêtre secoués commes des pruniers à l'heure de la récolte). Nous passons d'une vitrine à l'autre avec cet air ébahi qu'on les alpinistes qui redescendent de l'Everest... shootés à l'oxygène !
Retour au camping et barbecue pour cuire la viande. J'ai trouvé une bonbonne de gaz et nous bricolons le four une nouvelle fois pour s'y adapter.

Mardi 17 janvier
Du désert, encore du désert. La route qui nous ramène à Calama possède un air de "déjà vu". Nous avons plié bagages en un temps record pour profiter de la fraîcheur du matin. Nous sommes donc à Calama pour un déjeuner rapide après le ravitaillement et nous filons vers la côte et Antofagasta. Vers 16 heures, et après une dernière cordillère, nous pouvons enfin crier "mer, mer" en découvrant le Pacifique. Nous débarquons directement sur une plage pour nous jeter à l'eau. Une fois rafraîchis et ayant chassé l'odeur de la poussière qui nous collait à la peau, nous cherchons un hôtel avec un garage suffisamment haut , ce qui n'est pas facile. Nous optons finalement pour un compromis, la famille dormant dans un hôtel et la voiture sur le parking d'un autre.

Mercredi 18 janvier
Encore une nuit difficile. Suzanne vomit, elle est très affaiblie. En fait les variations d'altitude et de climat que nous subissons depuis le départ de Lima pèsent sur l'organisme de chacun. Nous prenons donc la direction de Talca par une piste avec pour objectif de longer la côte et d'éviter ainsi la monotonie et la lassitude causée par une panaméricaine bordée des deux côtés par le désert. De fait nous retombons sur la mer à la hauteur du petit village de pêcheur de Paposo où nous déjeunons avnt d'entrer à Taltal, petit bourg propret, ou nous trouvons un hôtel tout aussi charmant et propret. Suzanne est encore très fatiguée, Laurence également et, comme a chaque fois qu'un enfant est malade, je reste tendu et nerveux. Il nous faut du repos.

Jeudi 19 janvier
Nous trainons un peu dans nos lits en attendant le coup de fil de la radio. En racontant les merveilleux paysages que nous avons traversé nous prenons conscience de notre chance. Nous expliquons aux auditeurs à travers les questions de la journaliste que la vie sur la route est difficile parce qu'elle alterne des moments de découragement et des moments d'émerveillement. Vu de loin, (et sans doute agirons nous ainsi à notre retour), on ne retient souvent plus que le merveilleux de l'aventure.
Deux heures après nous tombons sur une nouvelle "carte postale" : un camping posé sur une plage de sable blanc devant l'île classée réserve nationale "Pan de Azucar". Nous plantons la tente. Soirée barbecue et spaghettis, le moral et l'appetit reviennent. Puis, plus rien que le bruit de la mer et le ciel parfait, (nous sommes a côté des observatoires internationaux de l'Atacama), troué de constellations inconnues.

Vendredi 20 janvier
Petit déjeuner a l'ombre avant les heures chaudes où nous mettons tout le monde au travail... De toutes les façons, il fait bien trop chaud pour jouer sur la plage immense écrasée de lumière. Ce n'est que vers 17 heures que nous nous aventurons sur le sable. Les vagues enroulées ne nous permettent pas réellement de surfer mais Gabriel joue avec la planche en bois et nous faisons du body-board. La mer est froide, c'est la raison pour laquelle l'île que nous voyons en face est le repaire de Lion de mer, d'otaries, de pélicans, voire même de pingouins et autres volatiles de toutes espèces. Nous les observons à la jumelle. Sur un tout autre registre, Suzanne ne mange toujours pas beaucoup, nous ouvrons une bouteille de "Champomy" (ramenée de France par Philippe à Lima et transporté depuis) pour lui remonter le moral.

Samedi 21 janvier
Tout le monde a bien dormi cette fois, nous commençons a nous reposer. Nous discutons donc dans ce qui prend peu à peu la forme de "briefing de famille". Cette fois le sujet porte sur les nouveaux progrés a faire pour mieux vivre ensemble. Je demande aux enfants d'écrire chaque soir sur leur cahier ce qu'ils ont fait dans la journée et qui me permettrait d'être "fier" d'eux d'une part et d'autre part ce qu'ils ont fait pour me faire plaisir. L'idée est de les habituer (pour les plus grands) à un regard en arrière sur leur journée et à travailler sur leur comportement. Ensuite nous partons acheter un Congre au village de pêcheurs voisin. Nous passons l'après midi entre sieste, travail et jeux de plage en soirée avant de manger notre congre grillé au barbecue avec quelques tomates... Les coûchers de soleil sont d'une beauté indescriptibles ici : Le soleil se glisse chaque soir derrière l'ile du "Pain de sucre" avant de s'éteindre complètement. La nuit tombée, nous allumons trois petites bougie dans le sable pour nous chauffer les pieds en regardant le ciel.

Dimanche 22 janvier
Comme tous les samedi soir, la nuit a été un peu agitée, retour des jeunes bruyants dans la nuit puis arrivée de musiciens ambulants pour une répétition vers 6 heures du mat... bref nous sommes levés tôt et plions le camps rapidement. Nous n'avons plus aucune provisions et pas beaucoup d'argent et nous projetons de nous réapprovisionner à Chanaral. Le long de route nous observons sur les hauteurs ces fameux filets à nuages qui retiennent l'humidité de la brume matinale, nous sommes encore bien dans le désert, même si la présence de la mer nous le rend plus doux. De fait à Chanaral, ville oasis, il n'y a pas de courant, donc pas de service bancaire. Nous achetons l'essentiel avec nos derniers pesos, pain eau ect... et poursuivons donc notre chemin jusqu'à Caldera, jolie ville balnéaire ou nous trouvons des distributeurs de monnaie. Ouf ! Rassurés nous mangeons un peu de nos provisions et reprenons la direction d'un camping isolé que l'on nous avait conseillé en nous disant "que la mer y avait la couleur des yeux de Laurence". Un peu après Puerto Viejo, au bout d'une piste de sable de 7 kilomètres qui nous semble interminable nous dévalons une pente vers une crique bleu émeraude: "Playa la virgen" s'offre a nous dans son écrin de rochers. Nous plantons la tente au bord de l'eau dans un soleil éblouissant.

Lundi 23 janvier
Ce matin Laurence est en colère, il semble que l'on nous ait volé des fruits, ce qui dans le désert est une denrée aussi coûteuse que précieuse. Nous suspectons nos voisins en trouvant quelques brunions sur les chemin des douches. Le climat est tendu car les lois du camping veulent que les campeurs ne se volent jamais entre eux. Nous avertissons les gardiens. Petit a petit nous nous rendons compte que le vol est important, les brunions, mais aussi le raisin, les poires, et même toute les saucisses, il semble que seule les bananes aient été abandonnées, le voleur à le nez fin. Finalement le patron du camping nous apportera la réponse : une sorte de renard (zorrito) a été vu traversant le camping hier soir : un glouton de plus à mettre à notre collection. Du coup cela fait rire Laurence qui est prête à pardonner aux animaux ce qu'elle n'aurait pas pardonné a un humain ! J'avais pensé initialement à un chien, à cause d'un bruit suspect entendu vers minuit près de la tente, mais les gardiens m'avaient garanti qu'il n'existait pas de chien dans le camping. Je n'avais donc pas rêvé. Je regrette donc d'avoir été trop paresseux et si peu curieux cette nuit. Une sortie m'aurait sans doute permis de sauver une partie du butin et surtout de voir ce fameux renard du désert que je n'ai vu qu'en photo jusqu'ici. Nous mangeons donc de pain et de fromage, ce qui nous reste avant de profiter de la plage. Au retour les douches ne fonctionnent pas. J'improvise donc une nouvelle fois nos douches personnelle avec les bidons qui sont sur les toit du 4x4 et de la pompe à pied. C'est utile quand on est plein de sable et de sel.
Nous nous couchons tôt car il est bien connu que dans le désert la température tombe vite après le coucher du soleil, le bord de mer n'adoucit que partiellement cette différence.

Mardi 24 janvier
Ce matin ce sont les deux (je devrais dire les trois pour ne pas vexer Syméon) grands qui vont replier tout le campement seul. Je poursuis ainsi les exigences d'une progression pédagogique. Le temps passe, cela fait maintenant six mois que nous voyageons et j'estime que la responsabilité et la prise en charge du matériel personnel et collectif sont maintenant acquises. Je ne fais pas de commentaires, car ils se débrouillent assez bien. Nous allons pouvoir passer à autre chose. J'ai en vue un travail sur l'hygiène, le respect de soi, (qui laisse encore a mon avis a désirer chez les plus grands), et aussi sur le bien-être collectif, l'attention aux autres et la communication familale. A défaut d'un travail scolaire régulier, je ne désespère pas d'apprendre au cours cette année à mes enfants les règles qui leur seront essentielles pour le reste de leur vie.
Nous nous ravitaillons a Copiapo et comme nous "tenons" l'horaire, nous nous risquons donc jusqu'à La Serena. Le camping que j'avais visé un peu avant la ville n'existe pas mais nous trouvons un camping idéal sur l'avenue de la mer à deux minutes de la plage.
Nous installons la grande tente (toute déchirée mais qui finalement reste confortable tant qu'il ne pleut pas !), allumons le feu pour cuire les cotelettes achetée a Copiapo pour Suzanne (elle re-mange un peu !). Je fais pêter l'ampoule "garantie a vie" de la balladeuse... après une courte colère je me souviens l'avoir achetée au Mexique... pour une tension de 110 Volts... je suis bon pour en racheter une autre ! Sur ce, nous nous couchons épuisés.

Mercredi 25 janvier
Nous nous levons dans le froid et la grisaille. Information prise, la brume ne se lève ici que vers midi, ce qui est largement suffisant nous dit on. Avec ce temps grisâtre, la grande plage bordée d'appartements ressemble étrangement en bordure de la mer du Nord à la hauteur du Touquet Paris Plage ou encore d'Hardelot Plage, étrange !
L'après-midi, le décor change du tout au tout et nous nous trouvons sur une plage bondée de jeunes et de jolies filles, de familles aisées et d'étrangers (en majorité des argentins) venus louer des appartements pour l'été dans cette station chic et à la mode. Ici le soleil est toujours au rendez-vous, le sourire décontracté est de mise, avec un petit air californien, même si les pickup remplacent les décapotables. Le camping est vrament calme et les douches propres et chaudess, la ville est facile avec un grand centre commercial a proximité, nous décidons de "nous poser quelques jours". Je mesure combien Laurence et les filles ont besoin de se reposer. Quans à Séraphin, on ne peut pas l'imaginer plus heureux qu'a trifouiller le sable et à jouer au ballon à pieds nus près de l'eau, c'est l'âge ! L'idée qu'il neige chez nous nous invite aprofiter un peu de la douceur de cet fin d'été chilien.

Jeudi 26 janvier
Les jours se suivent et se resemblent. Travail scolaire, lessive, rangement le matin, plage l'après midi. On dit que les gens heureux n'ont pas d'histoire. Nous profitons de ce temps "arrêté" pour vivre en vacanciers : offrir une glace aux enfants, acheter un cerf volant, sont des plaisirs que nous avions oubliés. Certes nous vivons sous une tente, certes nous portons tous les jours les habits que nous avons lavés la veille, mais sur ce point nous avons gagné notre pari. Nous avons enfin atteint une certaine pauvreté matérielle qui nous arendu la liberté par rapport à tout ce qui s'achète.

Vendredi 27 janvier
Il fait un peu plus gris, le temps de travail s'allonge, le temps de plage diminue d'autant, mais la vie continue sans histoire.Notre voisin de camping qui nous a regardé vivre trois jours avant de venir nous dire "en francais" (ce que nous ne pouvions suspecter lors de nos "enguelades" qui restent nombreuses), combien il était stupéfait de nous voir vivre une telle harmonie en famille. Nous tombons de haut. De l'intérieur, nous avons l'impression que tout est combat... et ceux qui nous regardent vivre nous envient. Nous en déduisons que nous sommes très exigeants, ou très idéalistes ce qui s'applique mieux soit à Laurence, soit à Raphaël mais qui finalement revient à la même chose.

Samedi 28 janvier
Nous avons décidé que nous ne repartirions d'ici qu'un fois un peu de retard scolaire rattrapé et la santé revenue pour tout le monde. Je suis en effet encore à la diète, mon foi ne se remettant pas de l'épisode antibiotique du Pérou. Depuis Cuzco je m'étais en effet habitué à manger peu, tout excès se payant immédiatement. Ces quelques jours de repos me permettent de manger correctement des aliments cuits et de me réhabituer à une nourriture plus saine et plus copieuse. On bricole, on sort les outils, on répare...on s'ennuie un peu... que c'est bon !

Dimanche 29 janvier
La plage est pleine a craquer, ca sent la fin des vacances (un peut comme un dernier dimanche d'aout en France), un par un les campeurs rentrent chez eux, on se sent un peu seuls.

Lundi 30 janvier
Cette fois ca y est nous reprenons les cartes, nous relevons les mails, commençons à ranger. Le départ sera pour demain. Nous profitons une dernière fois de la plage... et des douches bien chaudes qui ne nous jamais fait défaut au long de notre séjour, et ce pour la première fois dans un camping !

Mardi 31 janvier
Nous quittons La Serena en pleine forme en direction de Vina del Mar. Route sans encombre dans des paysages d'arbres fruitiers et de vignes. Vina del Mar est une grande ville moderne et n'a pas de camping. Nous trouvons un petit camping de gazon dans la ville voisine de Renaca. Tout est vert et plein de fleur, cette fois nous somms bien en zone tempérée. Les enfants montent la totalité du campement (avec le four et le mobilier !) en 35 minutes, un record... pour les récompenser, nous décidons de regarder un DVD en famille. C'est encore un peu les vacances...

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