Name: autour du monde
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Subject:

Chili - Le centre

Date: Février du 1 au 15 , 2006

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16/04/06 au 30/04/06 01/05/06 au 15/05/06 16/05/06 au 30/05/06 épilogue

Mercredi 1 février 2006
Surprise, il pleuvine... tout est mouillé et le ciel est gris, il semble que la puie s'installe ici pour la journée. Après une hésitation, nous décidons de tout remballer... trempé. La manoeuvre se passe assez bien et une fois le peti déjeuner pris, nous nous ravitaillons en centre ville et partons vers Valparaiso. Nous visitons la ville en voiture, bien au chaud, grimpant les ruelles à fortes pentes, visitant les cul de sac. Curieusement l'ascenseur de l'artillerie est fermé, nous passons dans les quartiers du port, puis repassons par le centre ville, et les rues commerçantes. Le temps est encore à la pluie. Nous décidons donc de prendre directement la route de Santiago. De toutes les manières, il y a de fortes chances que nous devions revenir ici si le véhicule est expédié depuis Valparaiso.
Une cinquantaine de kilomètres après Valparaiso, nous retrouvons un rayon de soleil. Nous décidons de nous arrêter sur une aire de repos, au milieu des vignobles, pour casser la croûte. En descendant de voiture je perçoit un bruit bizarre, le pneu arrière droit se dégonfle, il semble pincé à deux endroits. L'endroit est plat, idéal pour changer la roue, ce que nous faisons immédiatement. Nous pouvons ainsi repartir vers Santiago que nous atteignons en début d'après-midi. Là encore nous profitons de la voiture pour visiter la ville et ses artères principales. Je me rends compte de la chance que nous avons de possèder notre propre voiture. En une heure, nous avons repris possession d'une ville que nous avions quittée depuis plus de dix ans. En revanche les hôtels sont difficiles à débusquer. Le gardien d'un parking nous donne une adresse pour étudiants un peu derrière le Cerro Santa Lucia. Cela ressemble plus à une aubertge de jeunesse qu'à un hôtel mais on nous propose un mini dortoir de six lits pour 20.000 pesos, le quart du prix d'un hôtel en ville ! Nous nous installons donc pendant que je vais chercher un parking surveillé pour la voiture. Finalement je n'ai qu'une option : un parking couvert au tarif prohibitif... mais je ne peux pas prendre le risque de laisser la voiture chargée sans surveillance en centre ville. Nous partons ensuite acheter le guide du Chili, manger un completo dans les rues piétonnes et rentrons par la Place d'Armes avec quelques fruits et du pain pour le ptit dej de demain. Notre hôtel possède en effet une petite cuisine commune.

Jeudi 2 février
Il fait encore gris et nous partons pour une journée de visite en ville. Nous passons par le Musée de la Poste au Corréos central puis remontons la place d'Armes jusqu'à l'Avenue O'Higgins, profitant de cette ambiance très spéciale des rues pietonnes et des passages et galeries de Santiago. Nous trouvons une petite tente de deux personnes pour compléter notre équipement de secours (pour les fortes pluies et le vent à prévoir dans le sud). Nous déjeunons enusite au pied du Cerro Santa Lucia. Après cette dinette sur un banc public, nous visitons l'exposition artisanale indigène. Le contact avec les Mapuches et les indiens des hauts plateaux est intéressant car nous pouvons parler des origines de Gabriel et de Ferdinand. Un des exposant leur offre des Okarinas (petites flûtes de terre), les filles achètent des bracelets, Syméon et Séraphin choisissent une trompe Mapuche. Nous escaladons ensuite la peite colline qui nous offre une vue paronamique sur la ville. Nous redescendons ensuite vers le musée d'histoire situé Place d'Armes. Une suite de salles nous promène depuis les origines du peuplement du Chili jusqu'à la chute de Alliende. Les enfants retrouvent tous les noms de rues sur les portraits, les peintures de batailles navales ou encore les effets personnels (et même le chien empaillé !) des diffèrents généraux et chefs d'états. L'exposition se termine sur la branche de lunette calcinée de Salvado Allende lors du bombardement du Palais présidentiel par l'aviation. Nous rentrons à l'hôtel, un peu fatigués, mais non sans avoir dîné de "Completos" et de "Churrascos" arrosés en ce qui me concerne à la bière locale "Cristal".

Vendredi 3 février
Laurence avait acheté des croissant hiers soir et nous petit déjeunons donc à la française avec "café-croissants".
Nous avons retrouvé l'adresse de Juan Guzman sur le plan et nous décidons d'y passer avant de partir. La "nana" nous ouvre, il semblerait que les parents soient en vacances en Espagne, Julia est sur la côte et sa soeur travaille depuis quelques années déjà à Paris (et nous ne le savions pas !). Nous laissons un message en confirmant qu'il est probable que nous repassions par Santiago en remontant de Mendoza. Nous quittons ensuite le centre ville de Santiago par les routes intérieures (je trouve cela plus vivant et surtout moins cher que les périphériques à péages). Mais nous ne parcourons que 36 kms en près de 1h30 et arrivons à Buin vers 13 h. Nous nous arrêtons au Zoo qui est sur la route pour demander notre chemin. Nous souhaitons passer par la poste de Buin pour vérifier l'adresse des frères de Sonia (du Foyer de Charité de Nana au Pérou), dont nous ne possédons que le numéro de boite postale. Aie, je me fait siffler par une carabinieri ( je ne sais pas comment se féminise le mot "carabinierio", carabinier, autrement dit policier !) Je sors tous mes papiers, confiant, et lui demande l'adresse du Correos. Mais elle me dit que j'ai brûlé un stop. De fait je ne l'ai absolument pas vu avec un camion garé dans l'angle. Elle passe le relais à son chef à qui je renouvelle mes explications. Il me sermone un peu mais me laisse partir en m'indiquant la route de la Poste, non sans avoir vérifié que nous étions tous attachés et que tout était bien en règle. Ouf ! Bientôt trente mille kilomètres parcouru et toujours pas de PV, ni d'accidents avec un tiers... mais une seule minute d'inattention et...A la poste on nous indique que la Boîte Postale correspond a l'adresse du Zoo. Sonia nous avait bien parlé d'animaux, mais je n'avais pas fait le lien avec le zoo. De fait ses frères s'occupent bien du zoo et après un casse-croûte rapide, nous entrons pour une visite "gracieuse". Nous avions mangé les panetons (gâteaux de Noël péruviens) que Sonia nous avait confié à Nana (en fait les enfants les avaient écrasés avec leur pieds et ils n'étaient plus présentables même s'ils restaient mangeables). Nous leur avons donné en nous excusant la bouteille de champagne que nous n'avions pas pu boire le 1er de l'an pour cause de maladie. Outre le fait que le zoo soit réellement exceptionnel pour le nombre d'animaux qu'il présente, on y sent un climat d'exception fait d'un respect de la nature directement lié a un respect de la création. Ce zoo dans lequel Dieu a sa place est étonnant, avec ses paroles de la Bible, et un même un St François ou encore une petite chapelle au détour d'une allée... En plus le zoo semble tres actif sur le plan pédagogique et diverses émissions TV y sont tournées, cela se sent dans le soin des décors... Bref nous repartons très heureux de cette parenthèse surprenante qui nous a permis de connaître les frères de Sonia avec lesquels elle forme vraiment une famille exceptionnelle. Nous reprenons la route pour deux petites heures, passées à commenter la visite, avant de découvrir un camping posé au bord de la Panaméricaine, le long d'un rio et face a des étendues de vignes. L'accueil est sympatique et nous installons notre petit campement, (les deux petites tentes et la tente de toit), à la nuit tombante, au milieu de bandes de scouts et de louveteaux.

Samedi 4 février
Petit déjeuner sous les pins. Nous n'avons plus de pain mais avec de la farine et du lait, et toujours notre gaz, Laurence nous improvise des crèpes... On se régale. Petit à petit les enfants font ami-ami avec les scouts. Syméon qui a emporté son foulard de louveteau français est très fier de partager un peu. Nous sommes heureux une fois encore de retrouver la nature après la ville et nous décidons de passer ici une seconde nuit. Nous achetons du poulet que nous grillons au feu de bois au mileu des tomates et des oignons pour le repas, c'est toujours aussi bon. Mais le climat familial reste tendu, on s'engueule pour des broutilles. Laurence ne me supporte plus... les enfants sont toujours entre nous et nous avons du mal a nous entendre. Le voyage est un temps de mutation pour chacun et je sais que la situation est particulièrement dure pour Laurence. Dès que je prends le parti des garçons (qui ont hâte de devenir des hommes sans en présenter toutefois les capacités) elle se retrouve seule et le perçoit comme un abandon de ma part. Comme dans la fable, il est difficile de ménager la chèvre, le chou et le loup et je crois que Laurence est dévorée plus qu'à son tour. Il lui manque une vraie amie, une confidente féminine qui pourrait la comprendre mieux qu'un simple journal intime. Dans la promiscuité, l'urgence et le huis clos familial mon rôle de père prend souvent le pas sur celui de mari. De plus je crois que nous nous déchargeons mutuellement l'un sur l'autre de nos angoisses et de nos souffrances. Nous ne pouvons pour cela trouver aucune aide chez les enfants, qui au contraire y feraient immédiatement le lit de leur propres inquiétudes. Bref nous sommes seuls et souvent en confrontation devant les décisions à prendre. C'est un phènomène bien connu de toutes les expéditons à la différence que nous sommes mari et femme. Heureusement le dernier témoignage que nous avions lu avant de partir évoquait très précisément la crise du couple voyageant avec des enfants. Seul élément bénéfique, Laurence, si elle semble parfois réellement perdue, comme moi d'ailleurs, ne me laisse plus forcément le dernier mot. Nous ne manquons pas d'amour, mais nous manquons certainement d'humour

Dimanche 5 février
Nous quittons le camping, laissant derrière nous une bande de scouts rangés dans une haie d'honneur devant le Land et reprenons la panaméricaine devenue une autoroute a péage jusque Chillan. Affamés, nous mangeons sur le capot de la voiture sur le parking du supermarché (ça on ne l'avait pas encore fait!) avant de reprendre la route vers Concepcion et la mer. Nous quittons les vignes et entrons dans les grandes forêts de pins et d'eucalyptus de la Cordillère de la côte. Ayant l'adresse d'un camping, nous coupons directement vers Tome et Dichato par Rafael pour déboucher sur l'anse de Dichato et de Tomé. Le camping "El Encuento" se situe sur une piste de terre qui longe la nouvelle "réserve pour riches" de Pingueral. Et l'on comprend vite pourquoi les promoteurs ont investi dans ce lieu encore vierge il y a dix ans. Au bout du chemin une lagune aux formes parfaites vient se jeter dans la mer. Une large lèvre de sable blanc retient des déferlantes de sapins d'un côté, et la mer écumante de l'autre. Le rio est une virgule dans le paysage que bordent deux forteresses de granit blanchies par le guano. Un enchantement auquel les "pauvres" du camping ont également accès (rive gauche s'entend!)

Lundi 6 février
Il fait beau, le camping est calme et nous nous décontractons un peu . Comme à chque fois que les conditions le rendent possible nous entamons un "briefing familial". De loin ces réunions ressemblent a un paw-haw indien (calumet en moins) ou encore a une thérapie de groupe. Assis en rond, on se dit tout, on raconte pour la énième toute notre histoire familiale en essayant de mettre les détails en lumières pour l'édification de tous, on fait parler les enfants (ou plutôt on essaie de titrer les vers du nez de Ferdinand qui reste à la traîne dans "la communion familiale"). Chaque fois les voisins nous observent avec attention devinant l'intensité de nos échanges et cherchant la quelque culte inconnu. Mais nous sommes au bout du monde, bien peu soucieux de ce que l'on pourrait penser de nous. Nous parlons de l'amour, des souffrances du passé (l'abandon dans enfants et leur adoption reste très présent) avant de parler de l'avenir que chacun de nos enfants devra se construire, avec notre aide certes mais seul quand même... tout un programme ! Cette fois la discussion dure près de trois heures, chaque fois nous avons le sentiment d'avancer... pour retomber un quart d'heure plus tard dans les mêmes embuches de la vie en communauté.
L'après midi nous nous rendons à Tomé pour nous "annoncer" à nos amis du Foyer de Charité. L'accueil est aussi chalerreux et spontané que celui que nous avions vécu il y a 15 ans en poussant la petite porte de bois. Le foyer du Pérou avait annoncé par mail notre passage et on nous attendait déjà un peu. Christiane a trouvé exactement les mots justes en poussant les enfants dans nos bras et en leur montrant combien ils étaient aimés. D'abord par nous en racontant comment nous étions venus les chercher ici tout pleins de notre amour de futurs parents, et ensuite par chacun des membres du Foyer qui les avaient vu grandir année après année grâce au nombreux courriers et photographies envoyées par Laurence. Laurence et moi avons l'impression d'avoir quitté le Padre Ramon Christina, Marie-Christine, Christiane, Marie-Thérèse, Eléna et Gladys il y a une semaine alors que nous ne nous sommes pas vus depuis quinze ans. Quelle joie ! Nous rentrons dans notre camping splendide avec encore toute cette chaleur dans le coeur. Nous préparons un grand feu de bois sur lequel nous cuisons une immense pizza et une tarte au pomme. La pizza est extra. Bientôt nous n'aurons même plus besoin de four pour cuisiner.Nous retournons à l'état sauvage.

Mardi 7 février
Re-Briefing familial sous les pins en matinée. Il faut dire que les rencontres d'hier soir étaient chargées d'émotion. Le coeur léger nous discutons librement de la manière dont nous pourrions donner "plus d'autonomie" aux deux grands qui la réclament. L'après midi nous profitons de la lagune et de la plage, le vent reste encore frais, mais l'eau est douce côté lagune et le soleil est bien chaud. Nous ne remontons de la lagune (il y a trois kilomètres de piste de terre ocre) que pour manger, nous laver et nous coucher.

Mercredi 8 février
Nos partons pour le ravitaillement et pour les messages internet vers Tomé avec les plus petits, nous n'en revenons que vers 14 h 30. Le temps de manger et nous descendons à la lagune. Les enfants se font des amis sur la plage et au camping car il y a un terrain de foot. Je me rends compte qu'ils arrivent très bien à se faire comprendre en espagnol quand il le veulent. Le soir les plus grands lisent tranquillement autour du feu jusqu'à ce que le froid nous surprenne.

Jeudi 9 février
Nous nous rendons au Foyer de Charité, où nous avons donné un rendez-vous télephonique pour notre enregistement radio. Nous avions prévu de parler un peu du thème de la "communication en famille" au cours de cet enregistrement. Cela tombe bien ! En racontant notre accueil ici nous livrons aux auditeurs arrivés en cours d'aventure d'autres clefs pour lire un des sens premier de notre voyage : Gabriel est né ici à Tomé et Ferdinand à 50 kms d'ici . Du coup ils parlent en direct de ce qu'il ressentent ici. Nous parlons aussi de la détresse dans laquelle nous nous trouvions ici même il y a quinze ans, moi malade du cancer et sans enfants . Servane, notre interlocutrice pour Radio France est surprise une fois encore de m'entendre parler de maladie et de guérison, et de cet autre voyage menée il y a quinze ans dans l'espérance... Les mots sont forts... je ne sais pas ce qui pourra passer a l'antenne, mais on ne triche pas avec la vérité, surtout quand elle est "merveilleuse"!
Après cet échange nous retournons profiter du cadre exceptionnel de notre camping. Les enfants ont maintenant plein d'amis et cela devient dur de les ramener vers la famille.

Vendredi 10 février
Il fait plus frais aujourd'hui et après les tâches quotidiennes (dans lesquelles j'inclus maientenant le travail scolaire!), nous entreprenons une promenade sur les sentiers balisés le le long de la côte. La vue est splendide. Nous atteignons une sorte de belvédère qui nous offre une vue a 360° sur la mer, la plage, les rochers, la lagune, et la forêt (qui semble aussi vaste que la mer). En soirée arrivent de nouveaux voisins, mais il y a encore de enfants et de nouvelles petites copines en perspective pour les filles. Les garçons, eux, jouent au football jusqu'à la nuit tombée.

Samedi 11 février
Nous avons rendez-vous à Bellavista avec les équipes des petits missionnaires. Pendant l'été les équipes d'enfants se regroupent chaque semaine sous les arbres pour réciter ensemble le chapelet. Nous étions revenus il y a quinze ans assez admiratif pour cette capacité à "faire prier" des enfants. Mais nous n'avions pas trouvé le moyen de répandre cette idée outre altantique. A la fin du chapelet nous comprenons qu'il nous a manqué un peu de jugeotte, chacun des enfants repart en fait avec un petit cadeau... simple, mais il fallait y penser. Je ne suis même pas sûr que le cadeau suffirait d'ailleurs aujourd'hui pour les enfants européens déjà gavés par ailleurs. Quant aux éducateurs, il nous disent avec humour ... "on n'attrappe pas les mouches avec du vinaigre". Une chose est sûre, a un moment ou à un autre de leur vie les enfants se souviendront de cette prière et en retrouveront naturellement le chemin. En tout les cas les nôtres qui "exécutent" difficilement leur prières de base en français se sont "enfilés" un chapelet en espagnol avec une aisance déconcertante. A ce rythme on les ferait chanter en latin ! Il faut que je vous avoue que, comme de nombreux hommes je suis assez dubitatif sur la prière répétitive du chapelet, trop souvent annonée par quelques vieilles au détours de nos villages. Mais pour avoir approché d'assez près " l'heure de ma mort" je peux vous dire avec toute sincérité que cela me semble être la seule prière qui ait encore un sens dans l'épreuve. D'ailleurs je garde sur moi un chapelet dans son étui "au cas où" (au 15 Aout !), et je confesse ne pas avoir ouvert l'étui depuis... ma dernière confession. Mais laissons là les considérations qui pourrons sembler étranges ou étrangères pour les lecteurs non avertis de ce journal et revenons à cet autre voyage, géographique celui là, qui nous ramène sur le bord du Pacifique dans cette anse magnifique formée par la presqu'ile de Talcahuano. Nous ne nous lassons pas de regarder les barques jaune et rouge se balancer sur un fond bleu azur. Pour couronner le tout, le père d'Antonio (gardien du camping) nous a
rejoint avec sa monture, ce qui permet a chacun des enfants de "monter" ce superbe alezan chilien. Suzanne, cheveux au vent a vraiment fière allure, Adélaïde, fidèle a elle-même est inquiète, Syméon, radieux s'essaye au galop des que nous le perdons de vue, je jurerais avoir vu Ferdinand sourire quant à Gabriel il se tient droit comme un piquet hésitant entre le plaisir et la crainte. Au bout de deux heures à tour de rôle, (Laurence et moi, avons partagé ce plaisir avec les enfants), nous laissons ce cheval vaquer à de plus saines occupations que de promener des touristes sur son dos. (Au Chili, le cheval reste un outil de travail et un véritable moyen de transport, les carabiniers continuant d'ailleurs a se déplacer a cheval dans les zones rurales). Petit coup de bronzette sur la plage, suivi d'un brasero géant sur notre camp de base pour cuire un poisson Sierra( une sorte de mini Espadon) aussi goûteux que volumineux. Une journée de rêve...

Dimanche 12 février
Lever huit heures, petit déjeuner, toujours entouré de guêpes gourmandes, et changement de tenue pour nous rendre à la messe anniversaire des soixante dix ans de vocation des Foyers de Charité dans le monde. La chapelle est pleine et c'est l'évêque de la région voisine (L'Auraucanie) qui célèbre. Petit clin d'oeil pour nous, c'est un franciscain (capucin). Nous rentrons au camping immédiatement après, un peu affamés avant de prendre le chemin de la lagune et de la plage. Les vagues sont aujourd'hui impressionnantes et claquent au dessus des récifs de trois mètres. Avec les garçons, nous jouons a nous faire peur entre deux vagues en nous aventurant sur les bandes de sable libérées par les flots.
Nous rentrons avant le coucher de soleil pour allumer notre feu, car les soirées sont de plus en plus fraîches.
Nous avons de la visite ce soir, une tarentule (version chilienne) de la taille de ma main escalade tranquillement la moustiquaire de la tente intérieure où dort Séraphin. Après information, l'animal n'est pas venimeux et Antonio, notre (ange) gardien du camping appelé à la rescousse emporte sa nouvelle "mascotte" après l'avoir fait glisser dans un sachet plastique.

Lundi 13 février
Nous avions donné rendez vous à nos amis du Foyer vers 11 h, mais après la lessive et les taches ménagères nous n'arrivons à Tomé qu' à 11h 30. Le soleil ne s'est pas levé ce matin et nous décidons donc de rester déjeuner au Foyer et de nous rendre à Concepcion en après midi pour trouver le bâteau des enfants. Nous nous rendons donc au Mall, près de l'aéroport. L' achat d'un canoé gonflable est un sujet que nous avons chaque fois différé par faute de place, mais j'avoue que cet ustensile encombrant faisait partie de ma première liste et qu'à nombre de reprises un canot nous a fait défaut. N 'ayant plus d'autre perspective de trajet en conteneur que le retour, je me suis donc jeté à l'eau pour compléter notre équipement. Le fait est que nous allons aborder une partie du Chili et du continent Sud Américain ou il y a plus d'eau que de terre, un peu à l'image de ce que nous avons connu au nord du Canada. Nous reparlerons donc de cet achat, surtout pour décider s'il faut, oui ou non, faire figurer cet investissement sur la liste du parfait explorateur. Nous finissons par opter pour un canoé gonflable de 3 mètres de long, quatre personnes, de qualité moyenne pour un coût de 100 Dollars US plus 30 Dollars pour les rames. La version du dessus: un véritable canot permettant l'ajout d'un petit moteur pour la pêche, et sur laquelle j avais rêvé en France avant notre départ coûtant tout de suite plus de 300 Dollars sans les rames.

Mardi 14 février
Nous nous levons à huit heures, bien décidés a plier bagages rapidement afin de pouvoir profiter une dernière fois de la plage et du soleil avant de quitter ce camping "enchanteur". Mais aujourd'hui comme hier (changement de lune et de marée) le soleil n'est pas au rendez-vous. C'est donc avec peu d'empressement et un maximum d'inneficacité que nous rangeons la voiture. Résultat, nous enregistrons notre plus remarquable contre performance : plus de quatre heures pour être prêts, voiture chargée. Nous décidons donc de manger au bord de l'eau les crêpes que Laurence au eu le temps de préparer au fil du chargement. Nous sommes quasiment seuls sur la lagune embrumée, ce qui donne à notre première sortie dans notre nouveau bateau un petit air d'expédition sauvage. Le canot a fière allure et nous mettons au point notre technique de rames. Il s agit en fait d'une révision car depuis les lacs canadiens nous sommes devenus experts dans la navigation en canoé. Les Cormorans et les Martin-pêcheurs nous regardent passer en silence, nous faisons partie du paysage. Aujourd'hui il ne fait plus aucun doute que nous nous nous sommes beaucoup "approchés" de la nature au point de nous fondre à chaque fois facilement dans les nouveaux environnements sauvages. Je remarque que les enfants trouvent la situation naturelle. Or nous remontons un rio inconnu dans un pays inconnu et les animaux que nous observons sur les berges nous sont tout aussi inconnus.
Nous quittons donc Pingueral pour nous rendre au Foyer de Charité ou nous sommes attendus. Les membres du Foyer nous ont préparé la petite cabane qui jouxte le bâtiment principal. En poussant la porte nous découvrons un lit pour chacun d'entre nous avec notre nom dessus. Il y a une petite cuisine et une salle de bain, nous serons donc un peu autonome pour les horaires et les repas. La cabane se trouve sur un escarpement de la montage, elle domine le bourg de Bellavista et ses usines textile et donne vue sur la baie de Talcahuano et de Concepcion.

Mercredi 15 février
(à suivre)

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