| Vendredi 17 mars
Réveil avec le soleil, il faut ranger rapidement les duvets car l'espace est tout petit dans cette cabanas pour 4 ou les garçons dorment par terre en poussant la table. Le matin les filles dessinent et j'en profite pour étuder l'itinéraire en Patagonie. Je prévois des étapes de 250 a 300 kms, on ne peut faire plus vu les conditions ; route et météo, mais on ne peut faire moins car les villes-étapes sont séparées par des grandes forets vierges. Puerto Tranquilo, de l'autre côte du lac, puis Cohaique, Puyuhuapi, Futaleufu pour repasser en Argentine et se retrouver à El Bolson dans cinq jours au plus tard. De là nous envisagerons la suite... qui psychologiquement sera le début d'une remontée. L'après midi nous nous promenons dans la petite ville. Le vent souffle fort et Séraphin peut à peine tenir debout. Quand nous le tenons chacun par un bras, ses pieds se lèvent à 45°. Dans de telles conditions les couleurs sur le lac sont magnifiques nous marchons le long du rivage en ramassant des cailloux de toutes les couleurs. Nous avons laissé les enfant "à la maison" avec une cassette, la gérante des cabanes possède une collection impressionnante et chaque caban en location est équipée d'un lecteur VHS. Nous nous sentons un peu nus sans notre tripotée de gamins, mais Séraphin est tout heureux de nous avoir rien que pour lui. Nous traînons un peu sur les berges, la main dans la main, comme si nous avions vingt ans de moins et un seul enfant. Deux jeunes amoureux, un bébé, trois silhouettes les cheveux au vent : une carte postale du bonheur. Ce qui me frappe le plus dans ce voyage c'est la vitesse avec laquelle nous passons de moments calmes à des accelérations de tensions et de stress. Cet après midi nous avons essayé de téléphoner à la banque de El Bolson et aux deux supermarchés où j'aurais pu perdre ma carte bancaire. Mais, comme au Chili, les informations que l'on peut obtenir au teléphone en Argentine sont vagues : pas la bonne personne..., pas le bon numéro..., rappelez..., c'est fermé..., autant d'excuses qui montrent une fois encore que le télephone n'est pas encore percu comme un outil de travail fiable ici mais plutôt comme un gadget ou un jouet ! L'information, comme le pouvoir, circulent mal !
Samedi 18 mars
Nous quittons la cabana et passons une frontière très cool au mileu de rien, le douanier ne sort même pas pour regarder la voiture. Il passe trois voitures étrangères par mois ici et l'on ne cherche pas de problème aux touristes. Le vent souffle toujours sur les bords du lacs et les enfants se régalent en courrir "le nez dedans" tandis que nous nous arrêtons pour grignoter un morceau... tout en attendant le passage d'une voiture, car nous ne sommes pas très sur d'être sur la bonne route tant le chemin semble étroit et défoncé. Le chauffeur d'un gros 4x4 nous renseigne, c'est tout droit ou presque jusqu'à la prochaine étape. Quelques kilomètres plus loin nous le retrouvons, arrêté. Un pont s'est écroulé et la route descend dans le rio pour traverser un gué. Jusque là pas de problème sauf qu'un camion n'arrive pas a remonter la pente de l'autre côté et que la piste est trop étroite pour le passer. Après une demi heure de pourparlers et beaucoup de tentatives infructueuses, le chauffeur accepte de redescendre (ou plutôt de se laisser glisser) en marche arrière jusqu'au niveau du gué, un peu plus large et de nous laisser passer. Coincé pour coincé, il lui faudra vider son chargement ou attendre une dépaneuse, la pente est trop rude pour qu'un seul autre camion puisse l'en sortir. Nous sommes dans le vif du sujet. Un peu plus loin nous arrivons dans une carrière où travaillent des gros engins de mine, peut être que notre chauffeur y trouvera son bonheur ? Un peu après Puerto Guadal (où il y a du carburant !) la route se sépare au Sud vers Cochrane et au Nord vers Cohaïque, un petit panneau indique que le tronçon Sud est coupé à la circulation depuis le début du mois de mars ! Aucune indication pour la partie Nord, nous nous engageons donc. La piste est mauvaise et une petite pluie fine se met à tomber, les couleurs du lac virent au gris et les sommets alentours se font menaçants. Mais nous atteignons Puerto Tranquilo sans encombre et y trouvons une auberge bien nommée "Carretera Australe" qui nous offre une cabana face au lac. Nous allumons un bon feu de bois et nous installons derrière les baies vitrées pour regarder la pluie tomber en averse maintenant. Nous sortons avec nos ponchos pour acheter du pain, des spaghettis, de la sauce tomate et du vin... pour une soirée bien au chaud. Normalement nous disent les gens du pays, cela ne devrait pas durer. Si le temps le permet nous avions prévu de nous engager dans "la route des explorateurs" un détour qui doit nous permettre d'approcher la "calotte glacière nord" et les grands glaciers.
Dimanche 19 mars
Il fait beau, le ciel est bleu, nous nous dépèchons donc de plier bagages pour nous engager dans la vallée du "Rio Exploradores" nommé ainsi puisqu'il fut une des première route d'accès à la Patagonie depuis la mer. Dans une déchirure des nuages, nous y observons à la jumelle la calotte du Monte San Valentin et aussi d'autres glaciers vertigineux . Nous reprenons la route dans l'autre sens en direction cette fois de Cohaique, principale ville du Sud avec Punta Arenas et porte d'entrée de la Patagonie pour les touristes étrangers. Nous y prévoyons un nouveau ravitaillement pour trois jours, c'est a dire l'habituel, plus le saumon fumé artisanal qui, sous ces lattitudes, vient agrémenter l'ordinaire. Après s'être perdus dans cette ville qui présente la particularité d'une place d'armes octogonale, ce qui qui romps avec la simplicité des plans au carré des autres villes chilienne, nous trouvons une cabanas excentrée dans un bois de pins. Le lieu est très beau... Ces cabanas de bois au milieu de la nature nous donnent envie de construire nous aussi une cabane dans la nature pour profiter de ce confort rustique. D'une manière générale d'ailleurs ce voyage nous a donné beaucoup d'envies différentes à vivre chez nous : visiter les glaciers des alpes, faire du ski, construire une cabane, galoper a cheval, pratiquer l'alpinisme, le rafting, pécher, photographier les arbres et les papillons... j'en passe... Je crois que le but du voyage a été atteint : nous rendre (ou nous donner pour les plus jeunes) la liberté et le goût d'entreprendre des tas de choses nouvelles dans sa vie quotidienne, ne pas se laiser enfermer dans la routine "boulot, TV, dodo" qui nous guette. Dans ces cabanes du bout du monde, nous nous rendons compte combien nous avions vu juste en choisissant notre lieu de vie à la limite du Parc National des Cévennes, dans ce qui ressemble à "un bout du monde". Ce mode de vie et cette géographie nous correspond et nous inspire.
Lundi 20 mars
Nous quittons Cohaique pour nous arrêter un peu plus loin dans le centre d'interprétation du Parc Nation Rio Simpson. Un "ranger" nous y accueille, amusé par notre équipage et nous commente toute la flore (in vivo) et la faune (empaillée) de ce lieu trés pédagogique, à l'image des nombreux Parc Nationaux que nous avons traversés depuis le début du voyage. Nous y caressons le tronc d 'un arbre né en 1578 et abattu à la tronconneuse dans les années 70 et y admirons un merveilleurx condor empaillé ainsi que de magnifiques photos des glaciers. Nous reprenons la route vers notre premier fljord. La route qui s'enfonce dans le coeur du parc national Queulat est impressionante : une simple trouée de graviers au milieu des arbres. Les rayons du soleil font fumer la forêt et , au détour d'un virage, parfois nous aveuglent (Nous sommes dans l'autre hémisphère, et ce soleil plein Nord me fait douter de ma boussole à chaque fois !). Nous avancons bien, j'ai envie de dire : nous progressons bien, car à 25 kms à l'heure, en vitesse courte, secoués et ballotés de toutes parts, dérapant et glissant plus que roulant, les impressions ne resemblent plus à de la conduite. Mais nous arrivons sur les bord du fjord qui semble infini et nous charme de son bleu intense contrastant avec la verdure et les ocres des parois verticales. Tant et si bien que, regaillardis malgré l'heure qui avance, nous effectuons un crochet vers le mirador du Ventisquero Colgante. Bien nous en prit car le soleil en disparaissant peu un peu sur la glace bleutée a sans doute créé une variation de température suffisante pour décrocher un énorme bloc de glace sous nos yeux. Abasourdis mais épatés par tant de chance d'avoir pu assister seuls et sans file d'attente à cette représentation grandiose de la nature, nous essayons de cacher notre joie devant Suzanne qui répète ne rien avoir vu. En fait je l'ai vu regarder la montagne se briser, mais je crois que ses yeux n'ont pas pu voir ce que son cerveau n'a pas compris, ou en tout cas pas voulu y croire. Voila pourquoi je passe mon temps dans la voiture à raconter ce que nous pourrons peut être voir sur la route. Qui ne sait pas qu'il peut y avoir des baleines au large des côtes ne les verra jamais ! Le regard s'apprend, les yeux devinent avant de voir ! Ainsi, nous avons acheté beaucoup d'animaux en plastique à Suzanne qui se revèle très observatrice de toute trace de vie animale. Mais il est difficile de constuire la maquette d'un glacier et d'expliquer une crevasse ou un lac de retenue à une petite fille de presque 5 ans. Il faudra pourtant que je trouve le moyen de lui faire comprendre ce qu'elle a vu.
A Puyuhuapi, au bord du lac, tout au fond du fjord, nous trouvons une grande cabane, presque une petite maison au coeur du village, et nous nous endormons, les yeux pleins des merveilles de la journée.
Mardi 21 mars
Nous poursuivons notre roure au Nord sur la Carretera Australe en direction de Futaleufu. La route longe le rio du même nom qui est devenu un des spot mondial du kayak, attirant dans ce coin perdu, en plus de la péche sportive, des touristes fortunés du monde entier. Nous crevons a l'arrière une nouvelle fois, ce qui ne m'étonne guère vu l'état des routes et le poids de la voiture. Les enfants sont ravis de ce nouvel intermède et, qui de porter les triangles dans les virages devant et derrière, qui de descendre le cric du toit, qui de préparer la roue de secours... en moins de dix minutes nous sommes prêts à repartir. Je suis content d'avoir emporté deux roues de secours. Content aussi de voir le calme et l'efficacité des garçons, et même l'intérêt des filles et de Séraphin pour cet incident bénin qui semble mobiliser tout le monde. Nous arrivons ensuite à Futaleufu, ville frontière où ne parvenons pas a trouver les gérants des six cabanas indiquées en ville. La saison est finie, chacun retourne à ses occupations ! Finalement nous avons la bonne idée de demander à la mairie qui nous envoie a l'extéreiur de la ville chez des gens fort sympatiques qui ont construit une cabana dans la moitié de leur maison. Le paysage est magnifique une fois encore. Les filles jouent dans le jardin avec des chatons, nous regardons le soleil se coucher. Je suis satisfait, demain nous passerons en Argentine et retrouverons le bitume. J'ai réussi a faire profiter toute la famille du parfum de l'aventure de cette carretera mythique sans pour autant les mettre en danger. La météo nous a été favorable car plusieurs ponts étaient déjà coupés et nous avons du franchir plusieurs gués et flaques. Mais jamais, à aucun moment, je n'ai eu vraiment peur. Certes, deux ou trois fois, j'ai perdu le contrôle du Land sur les graviers, souvent à cause d'un changement de nature du sol caché par une zone d'ombre, mais selon le danger, sable, boue, ou au contraire dévers en gravier, j'ai sollicité la mécanique exactement comme je l'avais apris lors de mon stage de conduite chez Land Rover, et le véhicule ne m'a jamais fait défaut, retrouvant l'adhérence ou la puissance au bon moment. Nous sommes pourtant à la limite du chargement constructeur. Merci aussi a l'équipe d'Espace Land à Nimes qui m'a aidé à préparer le véhicule... nous sommes passés !
Mercredi 22 mars
Nous passons une fois encore la frontière sans encombres et filons vers Esquel ou nous avions déjeûnés il y a maintenant près de deux semaines. J'en profite pour retourner à la pompe a essence et à la boulangerie pour enquêter sur ma carte de crédit. Rien. On continue donc vers El Bolson où nous arrivons en soirée. Pas de chance, la cabana que nous souhaitions est encore occupée. Nous sommes orientés vers une autre cabana qui est en fait une résidence secondaire d'Argentins de Buenos Aires, c'est à dire avec tous le confort. Cela tombe bien, nous en avions besoin. Nos repassons aux deux supermarchés de la ville. Il y a plein de cartes de crédit, mais pas la mienne ! La banque est fermée, j'y repasserai demain.
Jeudi 23 mars
Nous devions enregistrer pour la radio, mais je ne sais pas comment, sans doute le changement d'horaire Eté/Hiver du Chili et de la France, nous nous sommes loupés. En revanche à la banque une bonne surprise m'attend. Ma carte, sans doute restée dans le distributeur extérieur, a été rapportée. A voir l'employée de banque feuilleter le tas de carte perdues, je ne sois pas être le seul. Après avoir signé des tas de papiers, je récupére donc la carte, tout heureux. Je l'essaye... et l'oublie a nouveau. En fait, les manoeuvres du distributeur sont inversées, ticket, billets, carte et il faut appuyer une fois de plus sur le bouton pour récupérer sa carte. Mais comment ai je pu repartir sans la carte il y a une semaine ? Mystère. A vrai dire, après huit mois de voyage, il faut reconnaître que nous sommes fatigués... et le moindre relâchement se paye immédiatement.
Vendredi 24 mars
Nous profitons de cette ville presque connue pour nous reposer et randonner, nous avons fait beaucvoup trop de voiture et nous avons besoin de marcher. Il a beaucoup neigé cette nuit sur les sommets et nous grimpons vers la station de ski en espérant toucher la neige. Mais nous sommes encore trop bas et le soleil est trop fort. Pas grave les enfants trouvent une schlitte de bois et s'amusent à faire de la luge sur herbe dans la pente. Nous aimons ces paysages d'alpages, l'odeur de la neige du bétail et de l'herbe grasse. Il y a encore du saumon pour rien à la poissonnerie, pourquoi se privier. Le soir, dîner à la chandelle, l électricité est coupée à tour de rôle dans les quartiers... Syméon est décu que cela tombe de huit heures à six heures, d'autant que la maison est équipée d'une télé cablée !
Samedi 25 mars
Nous nous rendons à la féria artisanale. En fait Laurence avait été trés déçue de ne pouvoir la visiter lors de notre premier passage. Le centre ville réunit ici tous les hippies du coin et il sont très nombreux à El Bolson, allez savoir pourquoi ? Dans toutes les villes du monde où les hippies se donnent rendez vous on les devine à divers signes apparents : la présence d'écoles Steiner ou Montessori dans la ville, des magasins d'herbes et d'encens, de cristaux, de laine brute et de bijoux, pleins de librairies et de magasins bio aussi. Ici, comme en Californie, ou encore à Sedonna aux Etats Unis ou ailleurs la ville est décontractée et colorée. Finalement les hippies se sont posés la où ils ont pu et les populations ici les considèrent comme des gens cultivés ayant choisi de vivre sainement. On est loin des débordements d'il y a trente ou quarante ans; les hippies sont devenus des néo-ruraux un peu réveurs. Ils habitent dans des fermes ou des cabanes isolées et ne gènent plus personnes au contraire. Finalement on a les même dans les Cévennes ! Au bout d'une heure a sniffer les pots de miel et les étoffes , j'étouffe quand même un peu, je propose donc aux enfants de grimper sur la colline voisine pendant que Laurence continue son parcours. Les garcons (Séraphin inclu) me suivent, les filles restent avec maman, au moins c'est clair !
Dimanche 26 mars
Il fait beau, nous décidons de nous rendre sur les bord du Lago Puelo pour une balade. Nous marchons le long des rives, les garçons escaladent le rocher, les filles improvisent une glissade, nous observons les canards, jouons à sauter les ruisseau et marcher dans la mousse. Sur le retour nous rencontrons ue jeune femme qui tresse des paniers. Nous lui demandons de nous apprendre et improvisons un atelier en tailleurs sur les graviers. Nous continuons "à la maison" avec les joncs que nous avons emporté en prévision.
Lundi 27 mars
Nous avons finalement choisi de passer la même frontière pour le retour. En fait nous voulons revoir Villa Angostura, ville qui nous était apparue trés sympatique et surtout nous arrêter ensuite sur les bord du lac Puyuhue où nous n'avions pas pu descendre notre kayac faute de mauvais temps à l'aller. A Villa Angostura les prix des cabanas dans les quartiers chic est prohibitifs (cinq fois notre budget) et nous atterissons donc dans les cabanas de la mutuelle de la Police. C'est pas très propre, mais c'est en plein centre ville. Cela nous permet de faire le tour des boutiques huppées et des librairies (les livres me manquent!) à l'heure du coucher de soleil, mais nous décidons de ne passer qu'une nuit sur place.
Mardi 28 mars
J'avais à l'idée d'emmener les enfants au parc d'aventure pour terminer nos derniers pesos argentins avant de repasser la frontière. Les grands se lancent à vingt mètres du sol, les petits aussi mais sur des trampolines ou des tyroliennes au raz du sol, ce qui n'empêche pas Suzanne, toujours aussi casse-cou, de se faire une belle bosse. Bref tout le monde est heureux. Nous pique-niquons à midi sur une très belle plage où Syméon fabrique un radeau avec trois troncs d'arbres et l'aventure continue. Nous mangeons autant de fruits qu'il nous est possible car nous devons repasser la frontière un jour plus tôt et nos provisions étaient prévues pour deux jours. Vers 5 heures sous sommes à la frontière. La douane ne nous fait pas de difficultés en revanche, le service sanitaire nous obligera a abandonner tous nos fruits, le fromage, (mais curieusement pas le saumon fumé). Et encore, ils ont été sympas car même nos paniers d'osier fabriqués la veille n'auraient pas du passer. Je me demande ce qui serait arrivé si nous avions du tout sortir de la voiture? Nous arrivons à Entre-Lagos où cette fois nous obtenons la cabanas que nous voulions, toute en bois et face au lac. Tout le monde a un lit, c'est super. Il fait froid, Laurence tricote un pull coloré pour l'anniversaire du Suzanne qui approche.
Mercredi 29 mars
Il pleut et la brume s'accroche sur la lac. C'est triste et romantique. Nous avons sorti nos disques et écoutons Brahms et Malher en boucle, le concerto pour violon de Beethoven aussi que je pensais avoir oublié. C'est bon. Je sors le Guide des Cévennes Gallimard du fond d'une caisse et commence a réfléchir sur les sorties d'été dans le Parc National... Cette fois je crois que nous sommes sur le chemin du retour. Certes cela pourra prendre du temps, un mois ou plus, l'aventure n'est jamais terminée, mais je crois que nous ne prendrons plus d'autre direction que celle de la maison... dans un premier temps. Fini le déplacement ! Après neuf mois de route, la véritable aventure sera de rentrer chez nous et d'y vivre autrement. Cette perspective nous attire maintenant et nous sentons chaque jour une nouvelle énergie croître.
Jeudi 30 mars
Le ciel vire au bleu et nous gonflons le canoe pour aller jouer sur le lac dès que les lecons du jour sont terminées. Gabriel est inquiet pour son année qui semble compromise. Quand a Ferdinand, il ne s'inquiète plus : sans ses livres il n'a quasiment pas pu travailler son programme, alors ! Séraphin, lui, ne quitte pas le grand berger allemand de la maison (ou l'inverse) et on se sèche un peu au soleil sur notre balcon qui domine le lac.
Vendredi 31 mars
"Rame, rame", dit la chanson et c'est exactement ce que nous faisons en partant à quatre : Raphael, Gabriel, Ferdinand et Syméon, pour une traversée du lac. J 'essaye de faire comprendre aux garçons la chance qu'ils ont de traverser un lac à la rame avec leur père au fin fond du Chili. Ils font semblant de ne pas m'entendre mais je sais qu'ils ont compris. Quoiqu'il arrive maintenant, nous avons atteint l'objectif de ce voyage : prouver à chacun que la vie pouvait prendre la forme que l'on voulait lui donner pour peut que l'on s'en donne les moyens et que l'on ne ménage pas ses efforts. C'est une leçon pour la vie, nous avons mis neuf mois exactement pour l'accoucher ensemble sur la route qui nous a mené des limites du Pôle Nord à celle du Pôle Sud!
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