| Samedi 1 octobre
Ce matin la mer a une belle couleur bleu-gris mais le vent n'a pals faibli de la nuit et continue a souffler donnant un goût de sable à nos tartines du matin. Nous décidons de nous rendre au Parc National voisin pour y visiter le centre d' information. Les plages de l'île ressemblent beaucoup à ce que nous avons de notre côté. Pas plus sauvages, pas plus d' oiseaux... c' est vrai qu 'ils ne font pas la nuance entre un parc national et un parc d' état. Pour moi la seule différence est le drapeau qui flotte sur les bâtiments : texan d' un coté, américain de l' autre. Nous en profitons pour mangerà l' ombre et à l' abri du vent avant de revenir sur "notre" plage. Merveilleuse après midi à jouer dans les vagues . Le soir nous emballons une parti des affaires car nous avons décidé de partir à l'aube pour arriver à l' heure pour la messe chez les frères à 11 h 15 à Laredo.
Dimanche 2 octobre
Première tentative de lever à 6 heures, mais il fait noir. Six heures trente, un peu de clarté. Nous commençons à plier les tentes par l' intérieur. Il nous faut normalement près de deux heures trente pour lever le camps et charger la voiture avec le petit déjeuner et il faut compter trois heures de route. C' est juste... mais nous sommes efficace. A 8h30 nous quittons la plage. Je vais rouler le pied au plancher jusqu 'à Laredo ou nous arriverons juste pour la messe... en Espagnol. A la sortie les oblats de la communauté nous invitent à partager le repas avec eux. Cela nous rappelle l' ambiance de nos Fraternité franciscaines. Après le repas, chapelet et petit temps de partage. Nos paquets ne sont pas arrivés mais en revanche nous avons reçus une carte postale du Touquet.... c' est un début. Nous revenons nous installer au camps du lac blanc... où nous retrouvons exactement la même place.
Lundi 3 octobre
Lever à 8 heures pour la première fois sous un ciel nuageux... et voila la pluie. Nous en profitons pour désensabler la voiture et dans la relative fraîcheur qui suit, je remplace le sandow de la bâche qui après deux mois et demi n' est plus extensible. Il faudra prévoir le remplacerà nouveau dans trois mois. Il faut aussi retrouver du produit pour réimperméabiliser la tente. Je ne pensais pas avoir utilisé la totalité de mes réserves. Nous allons dons refaire un tour au supermarché avant de repasser chez les frères. Toujours pas de courrier. La bibliothèque est fermée le lundi et je ne peux pas relever les mails. Au retour il pleut tellement fort que nous ne retrouvons pas la poste. Chou blanc. Nous mangeons la pizza préparée dans notre four et nous installons pour regarder un dvd dans la voiture car nous craignons une nouvelle drache. Le film sur la légende du roi Arthur dure trois heures et les petites s' endorment dans la voiture.
Mardi 4 octobre
Lever tardif (9 heures) dans la brume. Il fait dix degrés de moins. On dirait que l' on change de saison, cela sent la rentrée des classes et l' automne... et Laurence décide d' organiser une dictée. J' organise le parcours habituel ; accueil du camping pour payer un jour de plus, bibliothèque de Laredo pour relever les mails et envoyer les pages internet, Poste Centrale pour enquêter sur l' arrivée de nos paquets puis petite visite chez les frères pour vérifier qu 'aucun avis de passage n'été déposé. Toujours rien, il faudra attendre encore ! L' après midi, nous sommes surpris par une très grosse pluie d' orage et la malle de toit n' avait pas été bien fermée par Ferdinand. Il a fallu sécher et réorganiser la nourriture dans les caisses. Le soir nous avons la visite de Christian et Sigrid un couple Suisse qui voyage vers le Mexique et avec lequel nous sympathisons.
Mercredi 5 octobre
La brume est encore très présente au lever du jour. Lessive, ordinateur, école... Christian vient partager ses informations sur les itinéraires au Mexique. Il a différé son départ prévu aujourd'hui à la suite de l' annonce d' un nouveau cyclone sur la région centrale du Mexique. Si nous n' avions pas du attendre ici nous serions en plein dedans. Décidément, après les attentats de Londres la veille de notre départ, l' Ouragan de la Nouvelle Orléans, celui de Corpus Christi et maintenant ce cyclone, nous jouons a cache cache avec les catastrophes. Merci à nos anges gardiens ! Pragmatique, Christian nous conseille de modifier notre itinéraire. En revanche il nous confirme que l' on peut bien camper au Mexique dans les Trailer Park prévus pour les camping-cars, même si ces derniers ne sont souvent que des annexes adhères classiques. Il nous donne l' adresse de la plage sur le Pacifique où lui et sa femme viennent passer l' hiver depuis quelques années. En fait nous découvrons que de nombreux retraités canadiens et américains et même quelques européens se donnent rendez vous pour passer l' hiver sur la côte Pacifique du Mexique. Toujours pas de paquets. Le soir nous regardons un DVD (Tin Cup) en famille sous les étoiles.
Jeudi 6 octobre
Un jour de plus à Laredo, Texas, comme je le scande maintenant chaque jour pour les enfants. Nous commençons à organiser sérieusement le site internet (il y a un plug à la bibliothèque centrale !) et a transmettre des pages. Laurence improvise une école, les dictées sont tirées du livre de Jean Louis Etienne. Il faudra qu 'on lui raconte un jour tout cela.
Vendredi 7 octobre
Rester et attendre encore les cours du Cned ou partir, est maintenant devenue la question qui hante nos journées. Pour passer le temps, nos travaillons : école, internet, tricot pour Laurence, bricolage et couture pour moi (c' est fou ce que j' aime entretenir et réparer le matériel !). Ce temps mort nous donne aussi l' opportunité d' aborder des sujets "lourds" sur la place de chacun dans la famille et les tensions qui se sont révélées plus encore depuis que nous vivons en vase clos familial.
Samedi 8 octobre
Christian et Sigrid quittent le campement pour la côte Pacifique Mexicaine car la météo s' est calmée. Nous avons aimé leur présence calme et rassurante (Christian est médecin à la retraite et il a trente année de plus que nous); Les enfants l' ont chahuté comme leur papy. Nous nous sentons encore un peu plus seul. Heureusement il y a les frères. Nous partons pour la messe de midi. Les échanges entre les enfants et les frères deviennent de plus en plus riches et fraternels. Comme à son habitude, Syméon pose en vrac des questions sur le fonds et sur la forme de la vie des moines et des soeurs. Elles permettent au frères Michael Alexandre ou Marie Joseph d'y apporter des réponses à travers leur vocation.
Le soir nous regardons en famille un vieux DVD sur l'Afrique "Hatari" avec John Wayne. Les dialogues sont succulents, les paysages magnifiques. Un vrai film tout public comme on les faisait il y a vingt ans. Du voyage et des grands espaces encore, des campements, des animaux. Immédiatement les enfants s'intégrent dans ces aventures et se répartissent les rôles des personnages.
Dimanche 9 octobre
C' est dimanche, nous nous préparons pour la messe : "Quel est le temps que l' on réserve à la vie spirituelle ? Qu 'est ce qui est le plus important ? Comment organisons nous nos priorités ? Je me rends compte que notre voyage est bien "un pèlerinage", une mise en chemin. Nous ne sommes pas des "culs bénis" mais par respect des croyances de chacun (nous vivons dans un pays protestant ou communiste ou le catholicisme n' pas écrit que des belles pages de l' histoire) nous ne parlons que rarement de l' Espérance qui nous anime. Nous croyons que l' homme peut entreprendre des choses formidables dès lors qu 'il ne nie pas sa dimension spirituelle et qu 'il tente de la vivre pleinement.. et ce quelle que soit la voie qu 'il choisisse pour y parvenir. les frères qui vivent ici nous montrent le formidable voyage immobile que l' on peut faire à l' intérieur d' un monastère.
Lundi 10 octobre
Il pleut. Un jour de plus d' attenteà Laredo, Texas. Il semble que nous entrions dans une certaine routine : Lever, école, internet, repas, douche, coucher...
Mardi 11 octobre
Nous commençons a essuyer des averses de plus en plus violentes et nous essayons néanmoins de maintenir nos rythmes de travail.
Mercredi 12 octobre
Il nous faut maintenant profiter des éclaircies entre les averses pour sécher le matériel. Il semble que la tente ne soit plus étanche à moins que ce ne soit le vent violent qui infiltre l' eau sous les coutures. Toujours rien à la poste. Impossible d' obtenir des informations. Nous décidons de partir dans les deux jours après avoir fait nos adieux aux frères du Prieuré.Le soir, nous découvrons une énorme tarentule dans la douche des filles... la pluie l'a fait sortir de son trou !
Jeudi 13 octobre
Nous avons décidé de partir demain, dès lors nous réorganisons la logistique : courses, bagages, lessives... Nous passons dire au revoir aux frères. Ils nous ont beaucoup donnés pendant ce séjour même si nos visites étaient courtes et discrètes. Nous emporterons leur souvenir avec nous sur la route. Ils nous garderont dans leurs prières. Le soir les filles préfèrent se laver rapidement sous la tente. je crois que personne n'a envie d'aller dire au revoir à la tarentule et chercher ou elle a bien pu se nicher.
Vendredi 14 octobre
IL a plu toute la nuit et il pleut encore au réveil. Notre départ à des allures de retraite de Russie, nous plions la tente sous la pluie, ce que nous n'avions jamais encore fait. Tout est trempé et nous aussi. Nous luttons pour garder le moral car nous ne savons pas les difficultés que nous rencontrerons à la frontière. Mais il faut partir au risque de nous enliser définitivement, moralement et physiquement autour de ce lac.
Le passage de la frontière mexicaine est une suite de formalités : droit d'entré touristique, assurance automobile et autorisation temporaire d'importation. Heureusement nous passons au feu vert dans la colonne "rien a déclarer", si le rouge s'allume c'est la fouille intégrale... une sorte de hasard ou d'égalité des chances qui m'avait déjà surpris il y a dix ans à l'aéroport de Santiago. Où est passé le flair du douanier ? Je ne sais même pas ce que j'aurais eu à déclarer, la valeur de notre matériel dépassant largement les montants autorisés. Or il me semblait impossible de payer le montant des taxes annoncées pour le supplement en valeur. Bref, on serre les fesses et on passe.
La vision qui s'offre à nous à Nuevo Laredo et sur le bord de la route est indescriptible, nous venons de chuter dans la pauvreté intégrale (la bande frontière est particulièrement pauvre) et la pluie qui n'a pas de frontière a creusée de larges ornières sur les bas cotés de la route ou poules, cochons, chiens et humains pataugent. Les marchandises sont étalées sur des baches plastique, les maison basses sont en toles, en terre, et en bois de récupération. Nous roulons sur l'autoroute jusquà Monterrey ou la pluie a arraché certaines parties de la roue et ou d'immenses flaques barrent la route. Encore une fois les étonnante capacité de franchissement du Land me rassurent sur la sécurité de notre famille. Nous nous dirigeons vers un motel du centre ville pour passer notre première nuit au Mexique au sec.
Samedi 15 octobre
Le petit déjeuner compris dans la prestation de l'hotel est copieux. Après la triste impression de la veille, nous sentons un regard bienveillant et accueillant sur notre famille. C'est un changement important, les Mexicains ont des enfants et ils les aiment. Nous comprenons que le malaise ressenti au Etats Unis vient précisement de ce rapport aux enfants. Les américains aiment leur pays mais n'aiment pas leur enfants ; ils en ont le moins possible et les gavent de nourriture et d'argent de poche pour qu'ils les laissent en paix. C'est une caricature bien sûr mais cela traduit une impression forte. Comment s'etonner alors que les adolescents soient perdus au point d'organiser des fusillades dans leurs lycées. Seule la vie sociale de l'adulte, avec l'apparition du salaire, semble donner une raison de vivre à l'adulte américain... Avant, c'est un Nomans'land être envahi par la trilogie Coca-Vidéo-Réfrigérateur.
Nous avons décidé de visiter le musée d'histoire de Monterrey pour présenter aux enfants les culture précombiennes avant de visiter directement els sites ou encore visiter le musée d'antropologie de Mexico. Le musée a été consu de manière interactive et les enfants se prennent au jeu en comparant par exemple les chiffres Maya (en base 20) avec notre propre système. Quatre parties permettent de découvrir les civilisations précolombiennes (avec d'impressionnantes maquettes des
sites !), la colonisation, l'inflence de l'église et enfin les guerres d'indépendance jusqu'à notre monde moderne. La démarche très pédagogique a plu a tous, chacun y trouvant des centres d'intérêts différent. Nous sommes allés ensuite nous ballader dansles vieux quartiers, autour dela cathédrale et du phare du commerce pour revenir par les rue commercantes jusqu'à notre hotel.
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