| Mardi 1 er novembre
Nous partons avec Gabriel pour régler la question des freins. Pour cela il nous a fallu décharger quasi totalement la galerie, et vider la voiture des objets trop visibles (lunettes de soleil sur les plats bords) ou trop tentants (outils mécaniques et pièces de rechange sous les sièges) dans le cas ou la voiture serait abandonnée dans un garage. Il nous a fallu aussi démonter la roue de secours du capot pour permettre un accès plus facile. Cela nous fait tout drôle de rouler dans une voiture considérablement allegée. Mon propre diagnostic est multiple et je voudrais le mettre à l'épreuve, tout en croisant les doigts : soit il manque du liquide lorsque le système est en pression (mais le niveau semble pourtant correct à l'arrêt), soit l'usure des plaquettes est excessive, (ce qui se verrait facilement sur un pont alors qu'il me faudrait démonter manuellement les quatre roues pour en être sur), soit il s'agit d'un dysfonctionnement électrique du signal (impossible à résoudre simplement), soit d'une defaillance du système de frein à main ( ce qui me permettrait de tenir au moins jusqu'à Mexico), soit d'une défaillance réelle du système de freinage, nécessitant au moins une purge, au plus une réparation longue et fastidieuse une fois la panne trouvée, voire la pièce acheminée, en supposant que le diagnostic et le mécano soient sûrs... bref la cata !
Nous trouvons un mécano sympa qui avoue tout de suite son impuissance ( une fois la voiture sur le pont il ne comprend pas comment les roues peuvent continuer à tourner alors que le frein à main est bloqué). En fait je lui baragouine à l'aide de la revue technique que j'ai emportée avec moi que le frein de parking agissant sur les ponts ils faudrait enclencher le blocage du differentiel). Il ne comprend pas mais je comprends moi qu' après avoir vu les plaquettes, regardé le niveau, testé la pédale, et cherché une fuite dans le système ; il élimine catégoriquement les diagnostics de l'usure des plaquettes, de la défaillance du système de freinage et s'oriente vers un dysfonctionnement électrique lié au retour du frein a main ou plus simplement encore des capteurs. En revanche, il n'ont pas le liquide pour faire l'appoint. Son patron a tête d'escroc me demande 50 pesos ( 5 euros) et me donne l'adresse d'un electricien automobile qui, curieusement, vient d'arriver dans l'atelier et commence à me baratiner Je discute le prix aprement en disant que l'on a fait que regarder. L'addition baisse a trente pesos et je m'empresse de glisser dans la main du mecano les vingt pesos avant que de m'enfuir pour échapper à l'electricien automobile trop prestement mis a ma disposition.
Jer m'arrete cinquante metres plus loin sur le parking d'une station service pour completer le niveau de liquide de frein avec un produit DOT 3 qui me semble pouvoir se mélanger avec le reste et .... miracle, le voyant s'éteint. Certes j'aurais peut être pu commencer par à diront les plus futés. Mais ceux qui me connaissent savent que j'ai besoin d'imaginer toutes les situations avant d'agir, j'avais aussi besoin de m'assurer au moins que le liquide exigé par le constructeur (DOT 4) de la génération suivante ne se trouverait effectivement pas facilement ici avant de prendre le risque du mélange.
Retour donc au camping avec un immense soulagement. Remontage du matériel
L'apres midi nous repartons donc vers Acapulco visiter la partie Est de la baie que nous n'avions pas vue. J'ai abandonné l'idée de chercher un bateau ici a Acapulco pour le Pérou. Cerla me semble compliqué de revenir sur nos pas compte tenu des informations sur l'état des routes de le côte qui m'ont été fournies. Nous restons dons sur le plan initial qui est de trouver un bateau au Panama.
Nous profitons donc de l'excursion traditionnelle dans les bateaux à "fundo de crystal" (fond en verre) pour admirer les poissons dans la baie et surtout la vierge qui a été imergée pres d'un rocher il y a quelques années. Nous passons devant la maison de John Wayne... bref nous jouons au touristes. La lumière sur la baie est merveilleuse. Nous remontons ensuite devant le rocher de la Quebrada (d'où s'élancent les celèbres plongeurs d'Acapulco) pour y admirer le coucher de soleil puis nous retournons vers notre camping à la tombée de la nuit plein de jolies choses dans les yeux.
Mercredi 2 novembre
Nous pouvons donc quitter Pie de la Cuesta (et Acapulco) sans stress. Nous plions le campement et dejeunons de légumes cuisinés servisdans nos assiettes , les pieds dans notre jacuzzi sous notre parasol face à la mer. Le pied quoi ! Après avoir traversé Acapulco sans encombres, nous prenons l'autoroute vers Gernavaca. Le péage est un peu cher mais je commence a redouter la Sierra Madre par les routes de montagnes. Mon pressemtiment était juste car même avec l'autouroute nous n'arrivons pas à dépasser les 60 Kms/h de moyenne tant cela monte, descend et tourne. Avec un embouteillage en prime, (c'est la fin d'un week end de quatre jours !), nous arrivons à Guernavaca la nuit tombée et nous traversons le centre historique avec sa cathédrale et ses couvent en pleine procession de la fête des morts. Finalement nous tombons sur le motel "La Rosas" qui devrait nous permettre de tenir notre rendez-vous radio.
Jeudi 3 Novembre
L'émission du matin se passe bien, même si nous avons cafouillés un peu, le gérant voulant tester la prise en la retirant au cours de la conversation. Je suis ensuite remonté à pied vers le centre pour relever les mails : nous ne savons toujours pas si nous récupérerons les cours des enfants à Mexico. Ouf la réponse vient par internet, le frère Maris Joseph vient en avion à Mexico le 7 et il prendra le second paquet de cours (30Kg) qui est finalement bien arrivé au prieuré. Cela nopus laisse cinq jours devant nous, un peu trop pour séjourner directement à Mexico. Nous décidons donc de traverser la ville par le periphérique pour nous rendre sur le site de Téotihuacan ou nous espérons d'aprés nos indications trouver un campement.
La traversée de Mexico est relativement aisée mais la sortie par le Nord est très encombrée par de nombreux bus et camions. Une fois encore nous aurions du prendre l'autoroute. de plus les Mexicains nomment le site de Téotihuacan, los Pyramides, ce que nous n'avions pas compris. Bref , par le chemin des écoliers, et après un pique nique dans la nature, nous arrivons dans cette petite ville très sympathique. Le trailer Park se trouve en centre ville. Une fois encore nous sommes seuls et par reflexe nous choisissons un endroit à l'ombre pour planter la tente. Mais il fait très vite froid car nous sommes en altitude et ous resortons les polaires et les chaussettes pour nous coucher dans nos duvets.
Vendredi 4 novembre
Ce matin le thermomètre indique moins deux degrès (il faisait plus 24 degrés la nuit à Acapulco) et Suzanne a été malade, sans doute à cause de cette différence. Avec le changement d'heure, il fait jour plus tôt. Nous prenons donc un petit déjeuner très copieux. Nous nsourendons ensuite sur le site de Teotihuacan, le premier site "grandeur nature" après les maquettes que nous avions vu au musée de Monterrey. C'est un choc, les deux pyramides principales (le soleil et la lune) ne sont certes comparables au pyramides egyptiennes mais il se dégage de l'ensemble, (une longue avenue de huit kilomètres dont quatre ont été dégagés) une remarquagle harmonie dans les emplacements et le proportions. Les enfants en redemandent, ils escalasdes les sites. Seul Syméon éprouve quelques difficultés à redescendre et nous découvrons qu'il est sujet au vertige. Les marches sont raides et avec l'altitude et la chaleur nous parvenons au sommet de la pyramide principale aussi essoufflés les uns que les autres. La vue générale du site est réellement une découverte pour nous, comme un nouveau pan de l'histoire de l'humanité qui se découvre en dur et non plus dans des musées et dans des livres. Comme cela ne ressemble à rien de ce que nous connaissons, les enfants posent des questions sur le serpent à plumes, les significations des batiments, les sacrifices humains... nous revisitons les connaissance acquises au musée de Monterrey.
Une fois encore c'est la faim qui nous ramène vers notre camping ou nous déjeunons tardivement avant de vaquer à nos occupations pour digérer les kilomètres parcourus a pied sur le site (j'ai compté plus de six kilomètres, ce qui est pas mal pour les plus petites !)
Samedi 5 novembre
Nous décidons de quitter Téotihuacan pour chercher le couvent des frères à Mexico. En effet le temps nécessaire au rangement et à la route ne nous permettrait pas de profiter d'une éventuelle messe domincale si nous ne partions que dimanche. Nous sommes prêts aus alentours de midi et comme els petites ont déjà faim, nous déjeunons d'un poulet aussi en rond sur l'herbe avant de quitter notre emplacement.Nous rentrons donc tranquillement dans la ville de Mexico où nous nous perdons naturellement avant de trouver la calle Horacio qui s'avère etre une avenue tres longue. Finalement nous entrons dans la cour fermée du couvent et après un accueil chaleureux des frères présents, nous nous voyons proposer une chambre libre que nous acceptons avec grande joie. Iciles frères ne sont que Cinq et deux d'entre eux sont partis pour un chapitre en France. C'est la raison pour laquelle le frère Marie Josèphe doit arriver en renfort lundi depuis Mexico. Le travail est en effet important puisque les frères ont la responsabilité de la paroisse française. Après un petit tour à la chapelle, les enfants découvrent le premier miracle du lieu : une bibliothèque de livres en français avec des BD et des vrais livres ! Deuxième miracle, il y a dans ce lieu toute sorte de gens qui parlent français, des couloirs, des grandes pieces avec de larges fauteuils, des toilettes propres, une large cour fermée... bref un espace accueillant en plein milieu de cette ville agitée.
Dimanche 6 Novembre
La messe du dimanche est en français... mais faute de Père pour la célébrer dans notre langue, nous chanterons seulement en français, ce qui n'est déjà pas si mal pour les petits qui apprécient. Les grands eux ne chantent plus à la messe... il parait que c'est ça l'adolescence ! Après la messe nous partons visiter le musée de l'antropologie (qui sera fermé le lundi) et nous nous lancons dans une longue marche car nous avons sous estimé les distances sur le plan. Qu'a cela ne tienne nous voyons des tas de choses au passage et notamment un concours de bateaux teléguidés sur les bassin qui jouxtent le parc de Chapultepec. Les enfants sont émerveillés. Nous arrivons déjà fourbus à l'entrée du musée où nous avalons notre pique nique. Il y a une file interminable pour la visite de l'exposition temporaire sur l'Espagne Médiévale. Pas grave, on connait, toutes les pièces viennent des musée européens, ce que nous voulons voir , nous , c'est le Mexique précolombien. Nous entrons donc dans ce batiment à l'achitecture incroyable (un immense pilier fontaine soutient un toit parasol central autour duquel se répartissent les salles consacrées à toutes les civilisations : Téotihuacan, Mixtèques, Toltèques, Azteques, Mayas... et j'en passe. Quans nous avons terminé la visite du rez de chaussée, nous nous lancons dans la visite de l'étage qui présentent grandeur nature des scènes de la vie des indiens d'aujourd'hui au Mexique. Cinquante deux ethnies differentes subistent et ont conservées leurs traditions au travers des fêtes religieuses ou paiennes, comme les voladors, ces fameux acrobates qui se lancent dans le vide une corde attachée à la cheville.
Nous reprenonsle chemin du retour, épuisés, mais heureux. La nuit tombe sur Mexico et c'est avec une vrai joie que nous retrouvons les portes du couvent, même si nous promenons en fait dansles beaux quartiers (etrangers, et juifs si l'on en croit le nombre de synagogues).
Lundi 7 novembre
Le frère Marie Josephe débarque de l'avion avec nos quarante kilos de cours par correspondance du CNED pour les enfants. Après les retrouvailles, il nous faut deux bonnes heures pour trier le tout et comprendre comment ça marche! Avec une vraie angoisse nous nous demandons comment faire tenir tout cela dans la voiture et nous décidons de caler les cours sous la banquette arrière. Il faut donc que je trouve des sacoches adéquates.
L'aprés midi les plus grands décident de se mettre au travail et Laurence et moi emmenons les plus petits (cette fois en metro) au sanctuaire de La Vierge de Guadalupe. C'est en effet ici a Mexico que la vierge serait apparue comme à Lourdes et à Fatima, ce ui explique les nombreux voyage de Jean Paul II à Mexico. Nous arrivons dans l'immense basilique ou sont célébré les offices en contine et nous passons sous le choeur et face l'image de la vierge en tapis roulant (pour eviter que les gens ne s'intallent sans doute). Nous emportons dans nos bagages une reproduction de cette vierge de Guadalupe... qui mieux que la vierge Marie pourrait protéger une famille en voyage, les prières à la vierge sont sans doute les plus répandues du monde chrétien, certes avec plus ou moins de ferveur et de démonstration selon les cultures... toutes les chapelles de France en témoignent.
Nous revenons par le marché artisanal de la Ciuadela, l'un des plus fournis de la ville. Laurence est bien décidée à se laisser tenter mais je reste fidèle au principe de base : acheter d'abord ce qui nous sert aujourd'hui, cela constitue des souvenirs utiles. Elle trouve donc une paire de sandales en cuir pour completer ses tongues achetées à Monterrey. Pendant ce temps je marchande quatre sacs en tissus de la taille des cours des enfants avec un drapeau mexicain en prime pour notre collection. Nous revenons une fois encore à la nuit tombée. Une discussion s'en suit sur les consignes que nous nous étions fixées : ne jamais marcher dans les rues des villes avec les enfants et les diverses possibilités de les interpréter. L'idéalisme forcené de Laurence n'a de limite que dans l'hyperstress de Raphaël. J'ai pris coutume de dire que quand une détonation claque, Laurence lève les yeux pour voir le feu d'artifice pendant que j'attends la balle que je vais recevoir dans le dos. Deux visions, deux états et une tension réelle pour trouver le milieu. Mais je crois que c'est précisémentt ce mélange de folie et d'hyperrationalité qui nous permet de vivre ce que nous vivons.
Mardi 8 novembre
Journée calme puisque les frères nous ont invités à dier avec eux (c'est Laurence qui prépare un pot au feu et cuit le pain et ils amènet le vin !); Entre les lessives et la cuisine la matinee passe vite, le repas est délicieux mais nous sommes tous fatigués d'avoir aussi bien mangé et l'apres midi est tres lente : lecture et travail sur l'ordinateur.
Mercredi 9 novembre
Nous reprenons la route vers Oaxaca où nous espérons visiter notre deuxième site précolombien : Monte Alban. Comme nous n'avions pas vu le centre de Mexico, nous décidons de nous offrir notre propre "sightseeing" dans nottre bus particulier. Nous traversons dons tousles quartier connus (Reforma) jusqu'au palais du gouvernement et nous offrons même le luxe de trverser le marché. Nous ne sommes pas pressé car ompte tenu des kilomètres qui nous séparent de Oaxaca, nous avons prévu une escale autour de Puebla dans le petit village de Cholula où on nous avait indiqué l'existence d'un trailer Park. Nous roulons assez bien et arrivons de clair temps mais sous une pluie d'orage. Or depuis Laredo, nous ne sommes plus tres surs de l'étanchéité de notre grande tente. Nous décidons donc de monter pour la première fois la petite tente de quatre que nous avions emportée pour la seconde partie du voyage. Tout est Ok ca marche, maman et les filles peuvent y dormir sans problèmes avec Séraphin pendant que je dormirais dans la voiture et les enfants dans la tente de toit. Mais les scénario est rapidement modifié quand les enfants découvrent un vieil autobus aménagé dans lequels ils décident de passer la nuit.
Jeudi 10 novembre
Nous reprenons la route de bonne heure (Finalement il n'a pas plu, mais il a fallu attendre que la condensation sèche) car le couple canadien rencontré nous a avoué avoir passé dix heures pour parcourir les 300 Kms qui séparaient Oaxaca de Puerto Escondito sur la côte. Devant ces informations, je décice de couper le long du rio pour éviter le maximum de montagne et d'atteindre directement la frontière après Oaxaca. Les canadiens nous avaient conseillé le Traileur Park du centre ville de Oaxaca et, après nous être perdus au centre ville, nous sommes finalement arrivés sur une sorte de parking mal aménagé (qui avait du être autrefois un beau parc) où nous avons du planter et replanter trois fois la tente tant les espaces étaient petits et mal commodes. Nous faisons une fois encore contre mauvaise fortune bon coeur, et une fois encore nous nous rassurons en nous disant que "cela ira mieux demain avec le soleil"
Vendredi 11 novembre
Premier jeudi sans radio (nous l'avions convenu compte tenu de l'avance prise au niveau des émissions) et nos partons donc pour visiter le site de Monte Alban. C'est encore uen fois une grande émotion. le site est sans doute moins impressionnant que celui de Teotihuacan, mais le cadre (les ruines sont entourées de végétation et situées au sommet d'une colline), est grandiose. Une fois encore nous passons beaucoup de temps a escalader les édifices qui sont toutefois moins vertigineux (dixit Syméon). Nous revenons vers Oaxaca en effectuant un détour pour visiter un village artisanal. En fait il ne s'agit que de poteries et la moitié des artisans sont absents ou travaillent au fond d'ateliers sombres.
L'apres midi nous laissonsles grands au camping et pendant que Laurence fait le plein au supermarché, je relève mes mails. A Oaxaca, nous experimentons aussi le montage d'une table provisoire (avec les sacs comme sièges) car depuis le début du Mexique les campings ne sont plus jamais équipés de ces bonnes vieilles tables en bois auxquelles le Canada et les Etats Unis nous avaient habitués.
Samedi 12 novembre
Nous reprenons la route vers la cote pacifique et la frontière. Nous effectuons une dernière escale technique dans la ville de Arriaga où nous choisissons le Motel Sans Francisco où l'on nous donne une chambre familiale ou tous les lits sont alignés. Comme il est suffisemment tot, nos partons au ravitaillement. Pain, eau, fromage, oeuf et quelques fruits constituent une routine de base. Nous partageons des sandwichs à l'omelette pour manger chaud dansla chambre car la nuit tombe vers 6 heures du soir. Le petits sont scotchés devant la TV et les passages successifs sous la douche nous empèchent de ressortir une fois les petits en pyjamas.
Dimanche 13 novembre
Nous nous levons tot pour atteindre la ville frontière de Ciudad Hidalgo. Mais le poste de douane a été arrachée par le cyclône et la coulée du rio et il nous faudra donc revenir à la douanes des camions... lundi matin aux heures d'ouverture.La déception est grande. Nous trouvons un motel tristounet dans la ville ou échoient comme nous plusieurs convois de véhicules bloqués à la frontière. Nous faisons un petit tour dans le marché pour passer le temps et nous ravitailler, maisle coeur n'y est pas.
Lundi 14 novembre
Tot le matin, autre déception un "intermediaire douanier" nous explique qu'il nous faut retourner à la ville voisine (50 kms plus loin) pour lerver la caution imposée lors de l'importation du véhicule au Mexique. Il se rpoose de le faire à notre palce moyennant finance. Pas question, cerla sent l'arnaque à plein nez. Mais nous nous faisons confirmer en ville que les services bancaires pour lever la cautions se trouvent bien à 5O kms dela frontière. Avec courage nous refaisons donc le chemin inverse jusqu'au poste de douane. Par chance le douanier est synpathique et comme il prend Gabriel pour un "intermédiaire" Guatemaltèque, il m'avertit sur le danger que représentent ces "aides spontanées et très intéressées". Nous voila prévenus.
De retour à la frontière, deux heures plus tard, notre intermédaire nous attends sur sa moto. C'est un bordel innommable, les batiments offciels ne sont pas signalés et les douaniers ne portent pas d'uniformes. Vous ne savez jamais a qui vous parler et une multitude d'intermediares, des cartes bidon autour du cou vous proposent de vous aider. De plus les deux frontières sont séparées de huit cent mètres et il me faut présenter un passeport avec un tapon d'entrée Guatemaltèque pour pouvoir revenir effectuer le passage en douane du véhicule à la première frontière. L'intermediaire me propose de memmener sxur sa moto, je refuse et je marche à ses côtés en le pressant de questions précises. Je veux connaitre le cout précis des opérations et je lui avoue craindre ne pas avoir assez de cash. Il veut que je change de l'argent pour atteindre la somme de 80 dollars. Sur ce je refuse et déclar vouloir faire les opérations moi même, il s'enfuit, vexé ou décu je ne le saurais jamais.
Deux heures plus tard nosu sommes à la même place (les douaniers sont partis manger et nous avons donc sortis les sandwichs nous aussi). Un autre intermédiaire nous approche. Je ne décolère pas mais Laurence me conseille de lui faire confiance. Nous discutons d'un prix pour son travail et d'une méthode : je fais tout avec lui et il m'explique. Il me dit qu'il me faudra 40 dollars pour les formalités de la voiture, c'est déjà moitié moins. On y va. Deux heures plus tard on quitte la frontière, tamponnés de partout... et bien content de s'en être sortis. Nous roulons jusqu'à la tombée du jour et cherchons un motel dans la ville de Matzatenango. Le Guatemala est beaucoup plus propre et beaucoup plus coloré que le Mexique. Apres s etre perdus dans le marché, nous nous installons dans l'hotel Alba. Malgrés les ventilateurs, il fait tres chaud. Je pars chercher à manger et trouve finalement... des pizzas et du coca à deux pas de l'hotel, pour les enfants c'est la fête.
Mardi 15 novembre
Nous quittons l'hotel de bonne heures pour attaques la route de la montagne qui doit nous mener à Panajachel. Nous sommes un peu inquiets car cette région a été fortement abimée par le dernier cyclone. Il y a d'impressionnantes coulées d boue sur la route qui borde le lac Atitlan. A plusieurs reprises nous devons descendre directement dans le lit d'un rio parce que le pont a été arraché. A un moment il nous faut même rouler une vingtaine de kilomètres à travers les champs de mais dans la poussière, en croisant des bus et des camions pour profiter d'un gué ancestral dans un village. Mais l'impression est bonne, les gens sont souriants, le pays est propre et les femmes sont vétues de tissus lourds et colorés. De plus, nous montons et les nuances de verts se succèdent dans des tons de plus en plus prononcés. Nous arrivons en vue du lac vers midi. Mais nous avons décidé d'avancer jusqu'à la petite ville de Panajachel qui est depuis bien longtemps un des spots du tourisme au Guatemala. Nous aimons toujours ces villes qui furent les premières découvertes des anglais qui, curieux du monde avant les autres ont découvert ainsi de tres beaux endroits. Pendant les années qui ont suivies ces lieux ont souvent été un peu dénaturés par le boom du tourisme puis ces stations vieillottes ont trouvé leur rythme. Elles présentent aujourd'hui un charme désuet et l'avidité a fait place à un bonheur tranquille alors que les touristes cherchent de nouvelles sensations toujours un peu plus loin.
En fait Panajachel est une longue rue bordée de boutiques d'artisanat et de café internet. Les femmes guatemaltèques viennent des villages voisins perchés dans la montagne y vendre leurs étoffes et leur tissus. Le lac forme une sorte de présentoir destiné à mettre en valeur les trois volcan parfaits qui se partagent l'horizon. Selon l'heure le paysage est brumeux, éblouissant, grisâtre puis orangé. Sur la berge de multiples restaurants avancent leurs terasses sur les eaux pendant que des serveurs en chemises blanches impeccables vous propose leur menus de poissons.
Nous avions choisis de camper autour du lac. Mais le rio a emporté le camping dans sa coulée. Il y a des traces de boue jusqu'à un mêtre de haut sur les maissons alentours. Pour éviter ces lieux un peu déprimants, nous revenons vers le centre où nous louons une jolie petite cabane en bois peint que les enfants appellent immédiatement la maison. La végétation est incroyable, les yuccas semblent pousser directement sur les troncs des pins apportant des touches de couleurs sur ces ecorces et ces verts sombres.
Mercredi 16 novembre
Reveil dans notre petite maison bleue. Les enfants décident de profiter de ce toit pour ses sentir chez eux. Les petites sortent leurs poupées et les grands leurs devoirs. Quans à moi, je range la voiture. Nous installons le siège auto à l'arrière pour Suzanne puisque Séraphin n'est jamais monté dedans. A midi un paysan vient nous vendre une couverture. Mais nous n'avons pas assez d argent, s'engage ensuiteun troc dans lequel nous proposons des portes clefs de valeur, des habits de Raphael et un poste de radio neuf qu nous avions achete aux Etats Unis pour suivre la progression des cyclones et les consignes de securité en cas de danger. La discussion va durer des heures, le paysan argumentant avec une methode sans faille : son tapis allait accompagner 25 années de notre vie est son cout ne representait qu'une nuit d' hotel... Nous avons garde le tapis, nous sentant à la fois plus riches et plus pauvres. L apres midi nous sommes partis en reconnaissance vers la reserve que nous voulions visiter pour voir si le cyclone n'avait pas tout dévasté. L 'eau a crée des dégats mais le site est resté ouvert, nous reviendrons demain. Par le retour nous trouvons un petit supermarché avec quelques produits pour les touristes. Nous en profitons pour acheter du fromage et des yaourts, denrée rare ou en tout cas de maigre qualité ici dans les boutiques de quartier (la chaine du froind ne permet pas de conserver les fromages, les commercants ne prennent donc pas le risque de stocker et de perdre la marchandise.
Jeudi 17 novembre
Nous avons laissé les coordonnées de la réception pour que Servanne de la radio puisse nous joindre mais rien... sans doutes les communications ne sont pas bonnes. Nous partons vers la reserve ou nous commencons par la serre aux papillons; Superbes, en dentelles, jaunes, rayes bicolores et multicolores, tachés et surtout bleu azur comme nous n'en avions jamais vus. Nous approenons qu el papillon est apparu il y a 170 millions d'années, contre 4 seulement pour l'homme. En revanche il ne vit que trois semaines, et parfois un jour. Dans la volière un aigle se laise approcher, tranquille. Dansles arbres nous decouvrons ensuite une bande de singes. L'un d'entre eu nous fait un veritable cirque, se servant de sa queue comme d'une balancoire, pour la plus grande joie des petits. Nous grimpons ensuite au coeur de la végetation dense et survolons la cime des arbres en traversant des ponts suspendus. Parfois dansla trouée des arbres nous decouvrons une vue du lago Atitlan et des trois volcans Atitlan, San Pedro et Tiliman qui semblent en garder les contours. Nous revenons sur la berge et nous decidons de nous baigner dansles eaux claires du lac. Un pur moment de plénitude, meme si les eaux sont un peu froides, le bleu du lac semble tellement irréel.
L aprés midi Laurence se rend chez le vendeur de tissus pour y trouver des vestes et des jupes traditionnelles. Elle revient avec un petit mètre cube de tissus et je ne sais si c'est le volume que cela va prendre dans la voiture ou la valeur de ce que cela a pu couter qui nous vaut une nouvelle explication. Je crois que je suis obsede par l idée de nous desencombrer et qu'un fois encore je ne peux comprendre ces achats. Mais nous convenons que nous nous aimons pour nos différences. Apres tout notre couple mi poisson, mi taureau ressemble au mariage de la carpe et du lapin et nous nous sommes rendus compte depuis le debut du voyage que si cela nous convenait bien depuis vingt ans, nos enfants devenus adolescents prenaient un malin plaisir a mettre de lhuile sur le feu. Notre peu d'intimité du à l exiguité des lieux et la présence permanente des enfants ne nous permettant meme pas de nous reconcilier "sur l'oreiller" comme un jeune couple, nous sommes obligés avec sagesse de considérer les enfants à leur juste place... et a les renvoyer chacun a leur problèmes. Gabriel reste un bébé, Ferdinand est absolument incapable de la moindre démonstration d'amour, quand à Syméon, il est d'un égoisme forcené.
Ce voyage nous aura permis de comprendre que nous en pouvions pas faire passer l'amour de notre couple apres celui de nos enfants au risque de tarir la source même de l'amour familial. Il nous aura sans doute aussi permis de comprendre (et surtout pour Laurence) que nos enfants devraient apprendre à vivre sans nous et que si nous voulions le meilleurs pour eux, nous ne pourrions y parvenir sans leur propre volonté... Apres tout, les voyages forment la jeunesse. Cette part de verité étant acquise il semble q'une partie de notre voyage ait trouvé son sens, reste a atteindre le Chili pour que les grands voient le pays de leur naissance. Quand à Syméon il pourra bien attendre d'avoir quinze ans, comme pour ses frères avant de retourner au Vietnam
Vendredi 18 novembre
Forts de cette explication, Laurence parle a coeur ouvert avec Ferdinand, s'il ne peut exprimer sa joie de vivre en famille et construire une attitude plus positive, nous pourrions lui trouver des solutions pour vivre un peu en dehors dela famille (école specialisée ou pension). En effet nous lui expliquons combien chacun de nous a "payé" la première année de sa vie qu'il a vecue sans amour et qu'il nous fait subir depuis comme si nous en étions responsable. Nous reprenons la route vers Antigua Guatemala. Nous y dejeunons devant l'église de la Merced avec ses reliefs baroques peints en blanc. Nous visitons ensuite la fontaine adjacente. La ville d'Antigua est un trésor colonial entièrement classé au patrimoine de l'humanité. Nous reprenons la route vers Escuintla ou nous arretons a 100 kms de la frontière.
Samedi 19 novembre
Il nous faut rouler vite pour parvenir à la frontière du San Salvador ou nous passons deux heures. Nous y avons trouvé de suite un intermediaire sympa et efficace et qui nous demande 20 dollars qui s'ajoutent au dix dollars de formalites ce qui en fait une frontière "tres rasionnablement franchie". Nous roulons coté Salvadorien, le pays semble plus moderne et en tout cas plus occidental. Nous mangeons dans la voiture dans une course contre la montre pour attendre la ville de Usultan avant la tombée de la nuit. Un hotel de style colonial avec une cour carré fermée. L hotel est plus que simple mais nous aloignons les quatres lits simple pour en faire un lit familial. Avec notre petit réchaud nous "tambouillons" en cachette danal chambre, essetniellement pour ne pas ressortir dans la ville avec les enfants. Depuis le Mexique le climat d'insécurité la nuit ne cesse de grandir et les habitants eux même s'enferment chez eux. Comme dans la plupart des pays traversés nous prenons une douche froide, il n'y a plus d'eau chaude dans les hotels depuis le Mexique, nous faisons la lessive du jour dans la douche (cette fois une corde à linge traverse carrèment la chambre) puis nous mangeons un peu d'omelette sur du pain... menu de secours numéro deux après les pâtes qui ont l'inconvénient de necessiter une assiette. Puis tout le monde au dodo.
Dimanche 20 novembre
C'est aujourd'hui l'anniversaire de Ferdinand. Nous avons décidé de le passer sur une plage. Nous nous rendons donc sur la côte à la Playa Lo Espino à une petite trentaine de kilomètres de Usultan. Nous arrivons sous une paillotte tenue par des gens charmants qui nous accueillent comme si nous étions chez nous. Hamac et poissons frais pour le repas, poulet et coca cola pour les enfants... c'est jour de fête. La soeur du propriétaire à migré aux Etats Unis, elle revient pour la première fois au Guatemala, son mari n'a pas voulu venir mais ses enfants qui vivent a Venice Californie sont étonnés de voir les notre pratiquer le surf et la body board mieux qu'eux. Il faud dire que Suzanne est une véritable championne et qu'elle excelle dans l'art de la glisse comme dans tout ce "qui va vite et qui fait peur". Nous revenons avant la nuit avec des coups de soleil partout, une vraie journée de vacances au milieu de tant de journées de route. Bon anniversaire Ferdinand et que cette année te permettte de grandir et de devenir toi même !
Lundi 21 novembre 2005
Ce matin nous reprenons la route en direction dela frontière du Honduras. Ce sera une horreur. Notre intermédiaire n'est pas tres efficace et je me fais rouler sur le change . Il me dira après, et je peux le croire, que s'il m'avait averti il se serait tout simplement "fait descendre" par ces changeurs bagousés qui sont de véritables truands. Cela donne une petite idée du climat. A chaque étape, il me faudra lacher quelques dollars. dans un dédale de corruption à peine déguisé.
La frontière à peine franchie, après avoir payé notre obole au premier barrage de police, nous sommes arrêté une seconde fois par la police. Malgre ma resitance le policier me confisque sous la menace les originaux de mes papiers et exige une contravention de 50 dollars. Cette fois c'est trop. Il fait des allusions débiles sur le fait qu'il puisse garder une des deux petites filles avec lui et je me fache donc avant que Laurence ne sorte des griffes ! Je sors mon portable, revele mon didentité de journaliste et fait mine d'appeler mon ambassade, le ton change un peu. Prudemment la négociation s'engage. Pour ne pas perdre la face le policier passe la main a son collègue qui me recommence tout le cirque. J'accepte de payer la contravention (je n'en connais toujours pas le motif) à la seule condition de la payer à la banque, comme la loi m'y autorise... l'affaire se termine par un nouveau "cadeau" à la police de 5 dollars !!!
Nous arrivons dans la ville de Cholutecca où l'hotel Pierre est tenu pas un vieil anglais qui nous explique que depuis le cyclone il y plus de cinq ans tous les investisseurs du tourisme sont repartis en laissant le pays à l'abandon. Il y a un sapin de Noel dans le hall, c'est le premier que nous voyons. Le soir nous lisons le guide sur les Nicaragua car nous sommes décidés à quitter le Honduras le plus rapidement possible. Il fait très chaud et le ventilateur est innefficace.
Mardi 22 novembre
Nous arrivons à la frontière vers 11 heures du matin et coté Honduras, le cauchemard continue. Il faudra payer près de 140 dollars pour pouvoir sortir. Coté Nicaragua, c'est un douanier à qui Raphaël explique sa mission " d'observateur du tourisme" (scénario que nous avions convenus ensemble) qui fait cesser tout compromis et nous "relache", tout en nous demandant un petit cadeau (ma casquette par exemple !) en souvenir. La route est bonne, nous sommes a 15 heures à Leon, nous décidons de poursuivre vers la côte vers Poneloya dans un hotel modeste mais propre ou nous mettons uen fois encore les lit en ligne. Dejeuner sous un auvent puis ballade sur la plage de sable noir ou nous ramassons les coquillages dont deux gros "grains de café". En marchant sur la berge, les enfants étant occupés par les coquillages, Laurence et moi pouvons parler un instant. Les épreuves successives des douanes nous ont épuisés. Les enfants sentent la tension et y participent à leur manière ce qui complique la tâche. En fait les deux ainés ne nous sont d'aucune aide dans un tel contexte et nous trainons véritablement derrière nous six enfants dont deux devenus très durs. En camping, les grands participent un peu au montage et demontage de la tente, rarement à la vaisselle. Mais dans les successions de motels, ils ne pensent qu'à se vautrer devant la TV, comme tous les enfants de leur age et à manger. Pour nous c'est assez déprimant. Ils ne parlent toujours pas Espagnol, ne font aucun effort pour aller vers les autres et se replient sur le confort de la famille, il est vrai accentué par l'insécurité qui est sensible à l'extérieur. Nous avons hâte de leur permettre de partager avec d'autre enfants. Mais comment? Peut être dans un foyer au Chili ou avant. A contrario, Séraphin, Suzanne et Adélaïde sont en continuel émerveillement de tout ce qu'il observent et de tout ce qu'ils ressentent. C'est un vrai bonheur. Nous nous interrogeons vraiment sur la possibilité de "caser" les plus grands et de continuer avec les petits.
Une fois encore nous considérons les différences de notre couple. Alors que Raphael doit se jeter dans l'aventure avec audace, en pleine consicence de chacun des risques que cela represente par rapport à la securité d'une vie au pres de ses amis, des vignes et de ses oliviers dansle Gard, et donc au prix d'un stress supplémentaire mais qui lui paraîtt néanmoins nécessaire ; Laurence, elle est naturellement une aventurière à qui le calme et une vie régulière devient vite insupportable. Avec du recul nous considérons que c'est précisément cette différence qui nous permis d'entreprendre d'abord l'adoption des enfants et plus tard de survivre à l'epreuve d'une longue maladie avant d'envisager ce voyage.
Mercredi 23 novembre
Nous reprenons la route vers Massaya et Granada. Nous nous arretons dans un endroit incroyable au bord de la Laguna de Apoyo que nous avons un peu de mal a trouver. Il s' agit du cratère d 'un volcan qui s'est rempli d'eau cristalline. Nous devons d'abord monter sur la levre du volcan pour descendre par une pente rude au niveau de la lagune. Là, nous trouvons une cabane, en brique pierre et paille qui est l'annexe d'un hotel pour touristes de Granada : The "Monkey Hut". le pris est élevé mais comme nous devons enregister pour la radio, nous décidons de nous y intaller. Bien nous en fut. Il existe ainsi dans le monde de tres beaux endroits et c'en est un. En plus il y a un trampoline, une belle pelouse au bord de l'eau et surtout des kayacs pour aller expliorer la lagune. NOus mangons un morceau sur la terrase de notre paillote et filons au kayacs. Le soleil qui se couche confère une lumière orangée sur les quelques batiments qui bordent la lagune.
Jeudi 24 novembre
Nous nous levons très tôt pour voir le soeil se lever sur la lagune vers 5 heures trente. Puis nous passons la journée a faire du kayac, Laurence en profitant même pour faire un tour avec Syméon pous avec les filles. Même Adélaïde, qui n'est pas téméraire, prend du plaisir à ramer sur cette lagune calme et ensoleillée.
Nous loupons le rendez vous telephonique avec la radio car la ligne est rompue et que nous ne savons pas comment communiquer sans retourner dans la ville, ce qui serait de toutes les façons trop juste maintenant. Le soir, comme hier déjà, nous montons dans la grande cabane ou il y a des jeux de société. Nous jouons au scrabble avec les enfants tout en discutants avec les autres voyageurs qui partagent ce lieux avec nous. Je lis le livre des hotes et n'y découvre que des paroles d'enchantement de tous ceux qui sont passés ici.
Vendredi 25 novembre
Nous quittons a regret ce lieu enchanteur et repassons par Granada pour relever els messages internet, pour faire le plein alimentaire au supermarché et surtout pour retirer de l'argent. Je suis inquiet car le guide touristique annonce une taxe de 25 dollars par touriste . Je retire donc cinq cent dollars pour pouvoir couvrir le passage de la frontière et le séjour au Costa Rica.Il semble egalement que sans billet de retour les touristes doivent pouvoir justifier d'un cerain niveau de vie.Je prend donc des petites coupures pour me faire un portefeuille bien épais. Cette fois nous avons décidé de ne pas prendre d'intermediaire. Raphael annonce carrement qu'il travaille pour le gouvernement francais et qu'il ne peut faire autrement que se débrouiller seul. Cela tombe bien, au Costa Rica, comme à la sortie du Nicaragua il est clairement annoncé le prix des différentes opérations de douanes. Autre truc, nous ne sortons pas les passeports des enfants (qui figurents sur les nôtres) pour ne pas payer de taxes pour eux. Mais cela ne nous exonère pas de remplir a chaque fois huit fiches de police. Finalement les frais sont peu elevés, une vingtaine de dollars tout au plus. La route au Costa Rica est belle et nous atteignons Libéria avant la nuit. La ville est belle et nous trouvons un motel avec un parking près du centre ville. Il est en effet trop tard pour s'engager sur la piste de Monteverde.
Samedi 26 novembre
Nous nous levons tot (il fait jour a cinq heures et demi) pour prendre la route de Santa Elena ou nous espérons camper près de la réserve de Monteverde. Nous en avons assez des motel et de la route et nous voulons retrouver la nature sauvage. Nous sommes servis car la piste de Santa Elena est un vague chemin creusé de nids de poules et il nous faut plus de deux heures pour parcouris quarante kilomètres. Heureusement, nous aviosn été prévenus. Sinon, je crois sincèrment que j'aurais renoncé. Nous arrivons dans la petit ville assez touristique qui borde la réserve (rien à voir avec Banff, Yellowstone, ou encore Panajachel). Toutefois un nombre impressionnant d'agence de voyages proposent des tours en tyroliennes dans les arbres ou des expéditions multiples. La température a baissé et tout est vert ici, certains appellent cette zone la Suisse de l'Amérique Centrale. Il y a des vaches et des bidons de lait sur le bord des routes. L'hotel que nous trouvons borde d'ailleurs une fabrique de fromage. Nous avions choisi la Collina Lodge à la sortie de la ville et tout en bordure de la réserve pare qu'il était indiqué que l'on pouvait y camper. De fait le gérant nosu prpose une pelouse soignée bien qu'humide. La famille qui nous accueille est vraiment tres sympathique, ils sont californiens et sont venus s'installer là il y a un an avec deux filles de l'age de Syméon et d'Adelaïde, nous partageons quelques impressions de "déracinnés". Il nous rassure pour notre budget (qui commence à devenir une angoisse). Quinze dollars pour le caming et les repas à prix coutant. Le soir nous profitons de leur cuisine et surtout de leurt feu de bois car les nuits sont plutot fraîches, nous sommes en altitude. Nous nous sommes un peu promenés alentours pour découvrir cette forme inconnue de végétation tropicale.
Dimanche 27 novembre
Nous partons pour la réserve biologique de Monterverde. Nous allons passer toute la journée à marcher dans cette foret où les arbres ne tirent pas leur vie de la terre mais directement des nuages. Ce biosystème, classé au patrimoine de l'humanité abrite une faune (des oiseaux et notamment le fameux quetzal, des insectes, des grenouilles, toutes sortes de rampants et quelques mammifères). Mais c'est surtout la végétation qui s'impose comme une évidence de la variété de la profusion que seule peut produire la chaleur et l'eau. Nous ressentons la même impression étrange que celle déjà ressentie sous les sequoias géant à Redwood. Une sorte de respiration de la nature que l'on pourrait presque entendre. En écrivant ces lignes je me rends compte de la pauvreté du style descriptifs en ce qui concerne la nature en littérature et je me demande quel pourrait être l'art qui la revèle le mieux. Curieusement c'est la musique qui me vient à l esprit bien avant même la peinture bien trop figée à mon sens pour rendre compte de ce que nous voyons ici. Sur le chemin du retour, nous passons sur un pont suspendu a quelques 28 mètresde haut qui nous donne l'impression d'une canopée. En retrouvant la voiture, garée sur ce bout de piste du bout du monde, je me dis encore une fois que notre modeste Land Rover, chargé jusqu'à la gueule et couvert de poussière et de boue grasse est vraiment à sa place ici. Je ris en pensant à tous ces parisiens qui roulent avec la clim dans leur 4x4 à sièges de cuir.
Le soir la petite famille californienne nous passe Croc Blanc pour les enfants, changement de décor, mais toujours la nature sauvage. Maintenant les paysages de la télévision ressemble à ceux que nous avons vus de vrai. Les loups existent vraiment, nous les avons rencontrés au Canada.
Lundi 28 novembre
Lever avec le jour comme d'habitude. Ce matin les garçons font leurs devoirs pendant que Laurence et moi nous rendons à pied à la coopérative des artisans. Nous y trouvons des petits cadeaux pour nos amis en France puis nous revenons par la fromagerie ou nous trouvons des yaour ts frais. Quel delice. Hier Laurence a coupé les cheveux de Ferdinand, c'est aujourd'hui le tour de Gabriel. C'est à ces petites choses que nous voyons que nous sommes dejà sur la route depuis longtemps, c'est la troisième fois depuis le debut du voyage que les enfants passent ainsi "chez le coiffeur". Dans le debut de l'après midi nous visitons un vivarium de grenouilles ou sont presentées une trentaine d'espèces qui vivent ici. En les decouvrant dans leur aquarium, nous comprenons pourquoi nous ne les avons pas vues dans la forêt. L'art du camoufflage est ici a son sommet et le jeu consiste à les chercher dans chaque cage longuement avec une lampe de poche pour les réveler. Celles qui sont de couleurs vives sont protégées par leur petite taille et l'on comprend pourquoi nous ne les avons pas vues lors de notre balade dans la réserve. Nous y achetons une petit grenouille bleu en tisus et un singe en bois. Finalement c'est une véritable menagerie que nous constituons en cours de route car aux deux singes en peluches offerts aux filles par un américain sur l'autoroute en Arizona se sont ajoutés au fil des rencontres et des paysages un Road runner, un lapin... le soir il pleut des cordes et nous mangeons une pizza cuite au four par Laurence sous notre tente.
Mardi 29 novembre
La nuit a été tres agitée, il a fallu se lever à plusieurs reprises pour chasser des racoons (ratons laveurs) tres gloutons qui, attirés par les bonnes odeurs ont réussi a ouvrir le four dans lequel Laurence avait laissé refroidir deux pains et un gateau au chocolat prévu pour l'anniversaire de Ferdinand. Pas folles les bébêtes ont commencé par le gateau au chocolat dont j'ai retrouvé le plat entièrement vidé et leché à quinze mètres du four. Au moment de mon intervention, les racoons s'en prenaient déjà au premier des deux pains. Après moulte "Ouste" et mouvements de bras, il ont abandonnés la partie et se sont enfuis dans les fourrés. Mais une demi-heure plus tard, rebelote, cette fois nos trois bandits un peu plus hardis s'attaquaient à la poubelle à pleine dents. Enfin une troisème fois (il était dit que je ne dormirais pas) ils sont revenus juste avant l'aube pour lécher directement les couverts dans le bac à vaisselle dans un vacarme d'aluminium et de plastique. La morale de cette histoire, car il y en a une... c'est qu'à chaque fois que la pluie ne nous a pas permis de ranger soigneusement toute la nourriture à l'abri dans la voiture, notre campement a été visité, et ce quelquesoit le pays ou la situation de notre camps. Retrospectivement les enfants comprennent combien les règles de prudence observées scrupuleusement (mais avec mauvaise humeur) nous ont permis d'eviter les mauvaises rencontres. En effet si notre campement a été souvent visité par les écureuils, deux fois par des ratons laveurs, une fois par un putois, une fois par un sanglier et approché par des biches, un coyotte, des tas de lapins du désert et sans doute nombre d'autres animaux rampants, courants ou volants aucun des grand mamifères présents dans les zones sauvages que nous avons fréquentées : ours, loups, lynx, puma ne nous ont dérangés autrement que par leurs cris où les rumeurs de leurs présence. Pour qu'il en soit ainsi jusqu'au bout du voyage... nous ne relacherons pas notre vigilance.
Changement de décor, nous reprenons donc la route vers San José la Capitale ou nous avons décidé d'opérer une escale technique. En effet, c'est la seule capitale d'Amérique centrale (avec Panama) qui se trouve directement sur notre chemin et nous allons essayer d'y collecter les renseignemetns nécessaires à la poursuite de notre voyage ainsi que d'y enregister les émissions radio en retard faute de mauvaise communication.
Nous décidons de "frapper fort" en nous payant un motel de classe internationale à côté de l'aéroport. Cela me permet de "plugger" l'ordinateur depuis la chambre et de constater ainsi sur les serveur du Crédit Agricole que notre compte est a découvert de 4000 Euros soit le maximum du découvert autorisé. Il n'y a pas le feu mais presque ! En fait, nous n'avons pas explosé notre budget (moins de cent dollars par jour tout compris pour nous huit, soit moins de 10 Euros par jour et par personne, avec les déplacements) mais d'une part les frais domestiques en France (impots, rembousements des prêts maison et auto, assurances) continuent à peser et d'autre part la réserve de 7500 Euros constituée avant le départ n'a pas été transférée depuis le compte de la maison d'édition. De plus la carte Visa a débit différé de Laurence est périmée en Novembre, cela sent le roussi. Je passe donc un premier mail "au secours" à l'ami fidèle pour qu'il opére un virement de son compte... sur la promesse que je je rembouserais un jour et un second à la maison d'édition pour annoncer que, faute de transfert, il me faudrait utilisser à l'aveugle la Business Master Card Professionnelle emportée en cas de pépin... Or d'après mes calculs il va me falloir quelques cinq mille eureos de disponible dans les dix jours qui viennent pour payer l'envoi du véhicule depuis le Panama (on ne peut pas passer par la route en Colombie) et huit billets d'avion. Heureusement j'ai tiré cinq cent dollars de avant de passer la frontière du Costa Rica et j'ai donc cinq jours de cash devant moi, six si ma Master Card fonctionne à l'hotel. On a connu pire !
Mercredi 30 novembre
Nous quittons l'hotel a 11 heures après avoir rattrapé notre retard radio grâce a un très long enregistrement avec Servanne de Radio France. J'avais prévu de passer la journée à San José pour m'inquiéter de réserver un bateau pour expédier le 4x4. Mais un coup de fil au service économique de l'ambassade de France me confime qu'aucune démarche ne pourrait être entreprise au Costa Rica pour un départ depuis Panama. Nous reprenons donc la route, une route épouvantable aussi trouée qu'un gruyère Suisse et sur laquelle les camions font des écarts impensables, et sur laquelle ne ne pouvons même pas tenir une moyenne de 50 kilomètres à l'heure. Après une pause rapide dans la montagne au dessus de San Isidoro, nous ne parvenons pas à l'objectif souhaité Golfito et échouons, la nuit tombant dans un motel bordant la panaméricaine... on a vu mieux, mais nous sommes déjà bien content de trouver un semblant de ville sur cette route sinueuse et obcure où les villages sont séparés de plus de 60 kms !
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